Le Creuset confronté à des rejets excessifs de cadmium dans l'Aisne
Le célèbre fabricant de cocottes en fonte émaillée Le Creuset a récemment fait l'objet de sanctions administratives pour des rejets de cadmium dépassant les normes autorisées. Ce métal lourd, classé comme cancérigène, a été détecté à des concentrations supérieures aux seuils réglementaires dans les eaux usées de son usine historique située dans le département de l'Aisne.
Des dépassements répétés en 2025
Selon un arrêté préfectoral publié en février, la teneur maximale en cadmium dans les eaux rejetées après traitement par la station d'épuration industrielle de la fonderie de Fresnoy-le-Grand a été excédée à sept reprises entre février et octobre 2025. L'un de ces dépassements, survenu en septembre 2025, a même atteint le double de la limite autorisée, comme le précise le document officiel.
Il s'agit de la première fois qu'un arrêté préfectoral imposant des mesures d'urgence est pris à l'encontre de cette usine Le Creuset, selon un porte-parole de la préfecture de l'Aisne. « L'exploitant a collaboré immédiatement avec les services de l'État » après une inspection administrative réalisée fin 2025 et « s'est engagé à respecter les prescriptions imposées », a-t-il ajouté.
Mesures correctives immédiates
La production de l'usine n'a pas été interrompue, car Le Creuset a pris des mesures rapides pour cesser le déversement de poussières fines dans sa station d'épuration et suspendre les « transferts problématiques ». Depuis janvier, l'entreprise a également mis en place une procédure de traçabilité pour ses poussières fines, visant à mieux contrôler leurs flux.
Des contrôles inopinés et un système d'autosurveillance renforcé seront effectués cette année pour déterminer si les dépassements observés en 2025 étaient dus à ces déversements de poussières ou à des problèmes structurels plus profonds.
Utilisation du cadmium dans les produits
Dans un communiqué, Le Creuset explique qu'il utilise « exclusivement » le cadmium dans les pigments de l'émail extérieur de certaines de ses couleurs, ce métal permettant à ses produits de conserver leur éclat même à très haute température. L'entreprise souligne que ce cadmium est encapsulé dans la structure vitreuse de l'émail extérieur et « n'entre pas en contact avec les aliments », l'émail intérieur ayant une composition différente.
Concernant les boues issues du traitement des eaux industrielles du site de Fresnoy-le-Grand, Le Creuset affirme qu'elles « n'ont jamais fait l'objet d'épandage » sur des terres agricoles. Elles sont systématiquement traitées par des prestataires spécialisés agréés, selon le groupe.
Contexte national préoccupant
Cette affaire survient dans un contexte où près de la moitié de la population française présentait en 2025 des expositions au cadmium supérieures aux valeurs sanitaires de référence, d'après un rapport de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) publié fin mars.
L'alimentation reste la principale source d'exposition à ce métal lourd, notamment via :
- Les sols agricoles contaminés
- Les fertilisants
- Les effluents d'élevage
- Les boues de stations d'épuration
Cette situation souligne l'importance d'une surveillance renforcée des rejets industriels et de leur impact sur l'environnement et la santé publique.



