En six mois, le 3018 a reçu 138 signalements visant Discord, contre 44 sur l’ensemble de l’année 2025. L’association e-Enfance, qui gère ce numéro d’assistance aux victimes de violences numériques, interpelle sur la multiplication des violences visant les mineurs sur la plateforme : exploitation sexuelle, sextorsion, grooming, doxing, menaces de mort ou incitation à l’automutilation. Au premier semestre 2026, son Observatoire a notamment recueilli quatre témoignages jugés « particulièrement graves », faisant état de contenus de torture ou de mort et de contraintes à produire des contenus sexuels violents.
Une modération insuffisante sur Discord
L’association pointe également les limites de la modération de Discord : 33 % seulement des contenus signalés par le 3018 ont été supprimés. Depuis janvier, quinze signalements n’ont par ailleurs pas pu être transmis à la plateforme, notamment faute d’identifiants permettant d’identifier les auteurs. Un guide pratique consacré à l’extrémisme violent nihiliste et à l’exploitation sadique en ligne doit prochainement être publié à destination des familles et des professionnels.
Une hausse globale des violences sexuelles sur mineurs
Un phénomène qui dépasse Discord. Entre 2016 et 2025, le nombre de mineurs victimes enregistrés par la police et la gendarmerie en France a augmenté de 77 %. Sur la même période, les victimes mineures d’infractions à caractère sexuel ont augmenté de 156 %, selon la Statistique publique de la sécurité intérieure. À l’échelle internationale, l’Unicef estime par ailleurs que 20 millions d’enfants de 12 à 17 ans, dans 21 pays, ont subi en un an au moins une forme d’exploitation ou d’atteinte sexuelle facilitée par les technologies. Plus de la moitié des abus ont eu lieu sur des plateformes grand public.
Les discours masculinistes en toile de fond
Dans ce terreau, les discours masculinistes trouvent aussi une audience. Selon une étude Sidaction / OpinionWay publiée en 2025, 66 % des 16-34 ans connaissent au moins un influenceur identifié comme vecteur de discours masculinistes et 37 % consultent ses contenus. Le Haut Conseil à l’Égalité consacre son rapport 2026 à la « menace masculiniste » et formule 25 recommandations, dont l’intégration du « terrorisme misogyne » dans les doctrines de sécurité.
Le 3018, joignable par téléphone, chat ou application, reste un outil clé pour signaler ces violences. Les familles et les professionnels sont invités à se saisir du futur guide pratique de l’association pour mieux comprendre et prévenir ces phénomènes.