Incendies dans l'Hérault : l'homme responsable à 95%, selon un géographe
Incendies dans l'Hérault : 95% des feux sont d'origine humaine

Freddy Vinet, professeur de géographie des risques naturels à l'Université Paul-Valéry Montpellier 3, analyse les causes des incendies qui ont ravagé des milliers d'hectares entre Narbonne et Marseille début juillet. Il est codirecteur du master Gestion des catastrophes et des risques naturels et spécialiste des feux de forêt, inondations, tsunamis et ouragans.

Les causes des incendies

Selon Freddy Vinet, plusieurs facteurs expliquent ces feux. D'abord, la sécheresse avec l'absence de précipitations dans l'Hérault et les Bouches-du-Rhône depuis deux mois. Ensuite, la canicule de fin juin-début juillet a fait grimper les températures. Les conditions de la règle des trois 30 étaient réunies : 30 °C ou plus, 30 % d'humidité ou moins, et un vent de 30 km/h ou plus. Cela a créé un risque fort de feux de forêt.

Cependant, la principale cause est humaine. Dans 95 % des cas, l'homme est responsable des départs de feu. Par exemple, dans l'Aude, un barbecue mal éteint transporté sur une remorque a déclenché un incendie.

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Réchauffement climatique et vulnérabilité

Le réchauffement climatique favorise les feux. L'augmentation des températures et la baisse de l'humidité entraînent une mortalité plus élevée de la végétation. La sécheresse favorise aussi les parasites. Les végétaux morts deviennent du carburant pour les flammes. Les zones les plus menacées en France sont les marges montagneuses comme les Pyrénées, le Massif Central, les Alpes du Sud ou les Cévennes. Ces régions, autrefois humides et fraîches, subissent désormais des températures élevées.

L'Hérault : un territoire vulnérable mais protégé

L'Hérault est confronté au mitage du paysage dû à l'augmentation de la présence humaine. La population a doublé depuis 1950, et le tourisme croît. L'interface entre l'homme et la forêt s'agrandit, rendant les zones périurbaines comme Saint-Clément-de-Rivière ou Saint-Drézéry particulièrement menacées.

Néanmoins, la géographie de l'Hérault offre une protection naturelle. Sauf dans les Hauts cantons, les massifs forestiers sont éclatés. Les vallées de l'Hérault et du Vidourle agissent comme des écrans capables de stopper la progression des flammes. Cela contraste avec le Var, où les massifs sont contigus sur des dizaines de milliers d'hectares. Le vrai danger serait des départs de feu simultanés, qui diviseraient les forces des pompiers.

Prévention des feux de forêt

La lutte contre les incendies repose sur deux piliers : les comportements et la technique. Freddy Vinet insiste sur la vigilance des populations. Il faut multiplier les campagnes de sensibilisation pour éviter les mégots jetés ou les barbecues sans surveillance.

Sur le plan technique, les propriétaires du sud de la France ont l'obligation légale de débroussailler sur 50 mètres autour de leur construction, même au-delà de leur parcelle. Les communes doivent élaborer des plans intercommunaux de sauvegarde (PICS), qui incluent des mesures d'anticipation et de gestion de crise : accessibilité, évacuations, fermeture de chemins, réserves d'eau, etc.

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