La Rochelle : l'interdiction des vols touristiques en hélicoptère entre en vigueur
La mesure législative qui prohibe les vols circulaires de moins d'une heure dans les zones urbanisées est désormais appliquée à La Rochelle. Cette disposition, signalée par l'Association contre les pollutions aériennes 17 (ACPA 17), met un terme définitif aux baptêmes de l'air en hélicoptère et aux vols de découverte au-dessus de l'agglomération rochelaise.
Une confirmation officielle de l'Aviation civile
Thomas Juin, directeur du syndicat départemental de l'aéroport de La Rochelle, a annoncé cette application : « L'article L571-7 du Code de l'environnement s'applique à La Rochelle, l'Aviation civile vient de nous le confirmer de manière très claire ». Le texte interdit spécifiquement les vols en hélicoptère dits circulaires, avec décollage et atterrissage au même endroit, lorsqu'ils durent moins de soixante minutes et survolent un secteur urbanisé. Seules exceptions : les missions sanitaires, de secours ou militaires.
Cette réglementation limite considérablement les possibilités de vols touristiques au départ de la plateforme rochelaise. L'entreprise Héliberté, qui proposait cette activité, avait déjà mis en pause ses opérations depuis le début de l'année. Elle espérait relancer une nouvelle saison en mai, mais « ce ne sera pas possible et on ne délivrera plus d'autorisation à l'avenir ».
Une victoire pour les associations de riverains
Cette application constitue un succès majeur pour l'ACPA 17 et son président, Jean-Jacques Buée. En décembre 2025, lors d'une réunion de la commission consultative de l'environnement, l'association avait pointé cette non-conformité comme l'un des motifs de son refus de signer la charte de l'environnement récemment élaborée.
L'autre raison concernait l'incertitude persistante quant au niveau sonore des avions de l'aéroclub de La Rochelle, particulièrement problématique les week-ends et jours fériés. La charte prévoit pourtant l'utilisation prioritaire d'avions classés Calypso A et A+, les modèles les moins bruyants. Mais comme le souligne l'association : « il ne suffit pas de prétendre qu'ils sont conformes, encore faut-il le prouver en passant l'examen technique prévu pour cela ».
Des avancées concrètes pour la qualité de vie
La préfecture supervise l'application de cette charte. Emmanuel Cayron, son secrétaire général, a récemment relancé le syndicat départemental sur ce point. Les nouvelles sont encourageantes pour les riverains : les avions sont désormais inscrits aux tests de classification qui se dérouleront « début mai » sur l'aérodrome de Moissac dans le Tarn-et-Garonne.
L'utilisation d'avions de tourisme moins bruyants « fait partie des engagements du club, mais n'est pas une obligation légale », précise un directeur d'aéroport. Il se félicite néanmoins que la charte ait été signée le 6 mars 2026 par :
- Les mairies de La Rochelle, Lagord, L'Houmeau et Puilboreau
- L'aéroport de La Rochelle
- L'entreprise Héliberté
- L'Association des pilotes et professionnels de l'aéroport
- Ciel Vert
- Les aéroclubs de La Rochelle et de Charente-Maritime
Seule l'ACPA 17 manque à l'appel, mais « signer la charte n'est pas obligatoire », explique le représentant de l'État. Pour Thomas Juin, cette charte démontre sa pertinence en tant qu'« outil de travail très concret » pour améliorer la cohabitation avec des riverains soucieux de leur qualité de vie.
À ces avancées s'ajoute l'arrêt total des activités commerciales de saut en parachute depuis le 1er janvier. Ces mesures successives marquent une évolution significative dans la gestion des nuisances aériennes autour de l'aéroport rochelais.



