Le maquereau en péril : la France impose un quota aux pêcheurs amateurs
Maquereau en péril : quota pour pêcheurs amateurs en France

Le maquereau de l'Atlantique, une espèce en grand danger

Le maquereau, ce poisson autrefois si commun dans nos eaux, est aujourd'hui sérieusement menacé. Il est devenu l'une des victimes emblématiques de la surpêche intensive qui frappe les océans. Pour aggraver la situation, ce poisson fuit désormais les eaux réchauffées par le dérèglement climatique, migrant vers les zones plus froides du nord de l'Europe.

Une migration vers des eaux peu accueillantes

Malheureusement pour lui, cette migration l'a conduit droit dans les filets des pêcheurs non-européens. Les flottes anglaises, norvégiennes et islandaises l'attendaient en effet dans ces eaux nordiques, pratiquant une pêche souvent intensive sans véritablement tenir compte des alertes répétées des scientifiques. Les conséquences de cette pression halieutique excessive sont déjà dramatiquement visibles : la population de maquereaux s'est littéralement effondrée, mettant en péril la survie économique de nombreuses pêcheries qui en avaient fait leur spécialité.

La réponse européenne et française

Confrontés à cette situation alarmante, les pays membres de l'Union européenne ont adopté, non sans difficultés, une mesure drastique : une réduction de 70% des quotas de pêche pour les six premiers mois de l'année. Mais la France a décidé d'aller encore plus loin dans la protection de cette espèce. La ministre de la Mer, Catherine Chabaud, a annoncé au journal Ouest-France que les pêcheurs amateurs seraient également concernés par ces restrictions.

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D'ici « quelques jours », un arrêté ministériel sera publié pour établir un quota précis de « cinq maquereaux par jour et par personne » pour l'ensemble des pêcheurs de loisir. Selon la ministre, cette mesure vise notamment à éviter que la pêche récréative ne fasse une concurrence déloyale aux pêcheurs professionnels déjà fortement impactés par les restrictions.

Une déclaration obligatoire étendue

Depuis le 12 février dernier, les pêcheurs amateurs doivent déjà obligatoirement déclarer leurs prises de plusieurs espèces sensibles. Initialement, cette obligation concernait le lieu jaune, le bar, le thon rouge, la dorade rose et la dorade coryphène. Après un report technique dû au lancement retardé de l'application RecFishing, le maquereau vient désormais s'ajouter à cette liste d'espèces à déclaration obligatoire.

Cette décision, qui découle d'une réglementation européenne, a provoqué de vives réactions parmi les pratiquants. Beaucoup y voient une forme de « flicage » excessif. De son côté, le ministère de la Mer défend fermement cette mesure, la présentant comme essentielle pour « protéger la biodiversité et préserver la ressource halieutique » pour les générations futures. Il est important de noter qu'environ 3 millions de personnes pratiquent la pêche de loisir en France, ce qui représente une pression non négligeable sur les écosystèmes marins.

Un conflit international persistant

Fin 2025, la France avait déjà pris position sur le plan international en réclamant des sanctions commerciales contre le Royaume-Uni, la Norvège, les Îles Féroé et l'Islande. Paris accusait ces pays de puiser excessivement dans la ressource en maquereaux sans tenir compte des avis scientifiques qui recommandaient une pêche plus raisonnée et durable. Ce conflit illustre les difficultés de coordination internationale face à la gestion d'une ressource marine migratoire qui ne connaît pas les frontières politiques.

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