Le service de location de vélos Périvélo, mis en place depuis sept ans par l’Agglomération du Grand Périgueux, suscite un engouement croissant. Une tendance qui semble s’accélérer avec la hausse des prix à la pompe.
Un succès grandissant
Il y en a pour qui la flambée des prix à la pompe a été quasiment transparente, comme Stéphane, un habitant de Périgueux (Dordogne). Ce jeudi 7 mai, il est assis dans le hall d’accueil de l’agence Périvélo, un livre à la main, attendant la fin de la révision du deux-roues de son épouse, un vélo électrique. Lui aussi s’y est mis il y a des années. « Je fais tout avec, dit-il. C’est bien et ce n’est pas cher. »
Des adeptes comme lui de la selle au quotidien, il y en a de plus en plus dans l’agglomération périgourdine. Et comme lui, pour aller au travail ou faire les courses, un bon millier d’entre eux a opté pour la location (moyenne ou longue durée) d’un Périvélo. « On ne s’est pas trompé quand on a créé ce service en 2019, commente Florian Chantegreil, vice-président du Grand Périgueux en charge des mobilités. Il suscite un vrai engouement. »
L’impact de la hausse des carburants
Un engouement qui s’affirme avec le temps dans Périgueux et ses communes voisines, peut-être aidé par l’actualité. Car à en croire les référents « mobilité durable » du Grand Périgueux, la montée en flèche des tarifs des carburants accélère cette progression. Joannès Bouillaguet, directeur général de Périmouv’, le réseau de transports gestionnaire du service Périvélo, évoque « une explosion de la demande : il y a peu, on a enregistré 70 réservations en trois jours », souligne-t-il. Cela a fait grimper la liste d’attente des locataires potentiels à 150 personnes.
« Actuellement, on est la première agglomération de France de moins de 200 000 habitants à avoir autant de vélos », affirme fièrement Joannès Bouillaguet, aux côtés de Florian Chantegreil et Emmanuelle Millat, chargée d’études des mobilités actives au Grand Périgueux.
Développer l’écosystème du vélo
Pour éviter le rétropédalage, l’Agglo doit rester dans la roue. Récemment, elle a donc passé commande pour 120 nouvelles bicyclettes qui « arriveront d’ici un mois », affirme Joannès Bouillaguet, plus 20 vélos-cargos annoncés « d’ici la fin de l’été ». En parallèle, elle poursuit le développement de son schéma cyclable, dans l’espoir de franchir la barre des 8 % de déplacements à vélo dans l’agglomération périgourdine d’ici 2028.
« Il faut créer un écosystème du vélo », affirme Florian Chantegreil. Cela passe par la mise en place progressive de 350 km d’itinéraires cyclables sur le territoire du Grand Périgueux, mais aussi un accroissement des possibilités de stationnement et la multiplication des stations de gonflage et de réparation en libre accès à proximité des voies empruntées par les cyclistes. Cela passe aussi par une politique tarifaire attractive. Exemple : la location d’un vélo à assistance électrique chez Périvélo coûte 30 euros par mois. « Nos prix n’ont pas bougé depuis 2018 », insiste Joannès Bouillaguet.
Des associations complémentaires
D’autres que Périvélo contribuent à la mise en place de cet « écosystème » favorable au deux-roues, évoqué par Florian Chantegreil. C’est le cas d’associations locales comme Vélorution et Des Jantes et des gens qui proposent, entre autres, des stages de remise en selle et des ateliers d’entretien participatifs. Plus de renseignements sur velorution-perigourdine.fr et sur desjantesetdesgens.fr.



