La tempête Nils a frappé les forêts landaises avec une intensité variable
Dans la nuit du 11 au 12 février 2026, des vents violents se sont abattus sur le département des Landes, déracinant et brisant une partie des arbres qui composent la célèbre forêt landaise. La tempête Nils a laissé derrière elle un paysage forestier marqué, bien que les premières estimations indiquent que les réserves du département ont été « relativement épargnées » comparé aux événements météorologiques extrêmes précédents.
Des dégâts hétérogènes mais globalement limités
Thierry Cazeaux, chargé de mission forêt au Conseil départemental des Landes, s'appuyant sur les observations de l'ONF (Office national des forêts) et du CRPF (Centre régional de la propriété forestière), estime que la tempête a touché environ 20% des parcelles forestières du département. « Certaines zones ont été plus durement touchées dans le centre-est du département. Là-bas, 50% de la surface totale des parcelles a pu être impactée par endroits. Mais, en moyenne, on estime qu'entre 0 et 20% des réserves sont concernées », précise-t-il.
Un compte rendu de la Draaf (Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt), transmis aux maires des communes forestières, confirme que les dégâts sont moins importants que lors des tempêtes précédentes et se caractérisent par une distribution « très diffuse et très hétérogène ». Les volumes exacts de bois tombé n'ont pas encore été évalués précisément au niveau départemental, nécessitant des inventaires plus approfondis.
L'inquiétude palpable des communes forestières
Malgré ce bilan relativement modéré à l'échelle départementale, plusieurs communes expriment une inquiétude légitime face aux pertes subies sur leurs parcelles. Pour ces municipalités, la forêt représente une source de revenus non négligeable, et les dégâts occasionnés par la tempête Nils ont des conséquences financières directes.
À Garein, Benoit Charron, adjoint au maire et agent forestier, révèle que 400 hectares sur les 700 que compte la commune ont été touchés par la tempête. « Sur cette surface, entre 15 et 20% des arbres ont subi des dégâts. Ce sont 400 000 euros de bois qui sont par terre », déclare-t-il avec amertume. Le maire de Lit-et-Mixe et président des communes forestières des Landes, Gérard Napias, estime quant à lui les dégâts sur sa commune à environ 40 000 euros de bois au sol.
Une course contre la montre pour préserver la valeur du bois
La situation exige une intervention rapide, car la valeur du bois se dégrade avec le temps. « Les arbres ont déjà perdu 25% de leur valeur, et plus on attend, plus leur qualité se dégrade, et donc mécaniquement, le prix continue de baisser », explique Benoit Charron. Un détail aggravant : les arbres abattus ont en moyenne 18 ans, alors que l'âge de coupe optimal se situe généralement vers 40 ans, ce qui affecte directement leur prix de vente et remet en cause les plans de gestion forestière des communes concernées.
Le ramassage du bois ne peut cependant pas commencer immédiatement en raison des conditions météorologiques défavorables. « La terre est encore trop humide et les machines ne peuvent donc pas accéder aux parcelles », déplore l'adjoint au maire de Garein. Les opérations pourraient démarrer « d'ici quelques semaines », à condition que le temps devienne plus sec de manière durable.
Vigilance accrue face aux risques secondaires
Cette période d'attente n'est pas sans danger pour les forêts landaises. Le climat actuel favorise le développement du scolyte, un insecte ravageur qui s'attaque spécifiquement aux arbres affaiblis et peut provoquer leur mort. Parallèlement, le risque d'incendie devient préoccupant : « La fougère et la molinie sont déjà sèches », constate Thierry Cazeaux, soulignant la nécessité d'une vigilance accrue dans les prochaines semaines.
Les acteurs forestiers landais font donc preuve d'une patience contrainte, attendant des conditions plus propices pour intervenir tout en surveillant attentivement l'évolution des risques sanitaires et incendiaires. La tempête Nils, bien que moins destructrice que ses prédécesseures, laisse ainsi un héritage complexe à gérer pour les communes forestières du département.



