Le gouvernement accélère la transition énergétique avec une relance massive des énergies renouvelables
Le gouvernement français a officiellement lancé une nouvelle phase de développement des énergies renouvelables, marquant un tournant stratégique dans sa politique énergétique. « C'est un honneur pour moi d'annoncer la relance des appels d'offres pour les énergies renouvelables électriques », a déclaré avec conviction la ministre déléguée à l'Énergie, Maud Bregeon, lors d'une conférence de presse tenue à Bercy aux côtés du ministre de l'Économie, Roland Lescure.
Une stratégie pour réduire la dépendance aux énergies fossiles
Cette annonce intervient dans un contexte international tendu, où la guerre au Moyen-Orient provoque une flambée des cours du pétrole brut, affectant directement le pouvoir d'achat des Français et la santé économique du pays. L'objectif affiché est clair : inverser la tendance actuelle en passant de 60% de pétrole et de gaz dans la consommation finale d'énergie à 60% d'énergie décarbonée d'ici 2030. Cette ambition est inscrite dans la troisième Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3), dévoilée le 13 février dernier, soit deux semaines seulement avant le déclenchement du conflit dans le Golfe.
Les deux ministres ont souligné que le développement de l'éolien terrestre, de l'éolien en mer et du photovoltaïque constitue la pierre angulaire de cette stratégie énergétique. « Ils permettent une montée en puissance rapide et compétitive de notre production électrique », a précisé Maud Bregeon, insistant sur l'urgence d'agir face aux défis géopolitiques et environnementaux.
Un mix énergétique équilibré entre renouvelables et nucléaire
La PPE3 ne se limite pas aux énergies renouvelables. Elle prévoit également la relance du programme nucléaire français avec la construction de six réacteurs de nouvelle génération EPR2, dont le premier devrait entrer en service en 2038. Roland Lescure a résumé la philosophie de cette approche duale : « Il faut avant tout agir sur le long terme pour réduire notre dépendance, en facilitant massivement le passage à l'électrique et en augmentant la production d'électricité grâce au nucléaire et au renouvelable. »
Ces annonces stratégiques précèdent de peu la présentation par le gouvernement de son plan d'électrification, attendu la semaine prochaine. Ce plan vise à concilier une production électrique abondante et décarbonée avec une demande qui peine à retrouver son niveau d'avant la crise énergétique de 2022.
Des retombées économiques et sociales substantielles
Jeudi après-midi, les deux ministres se sont rendus sur le parc éolien en mer des Îles d'Yeu et de Noirmoutier en Vendée pour illustrer concrètement les bénéfices de cette politique. Ils ont mis en avant plusieurs avantages majeurs :
- Un impact positif sur le pouvoir d'achat : La France bénéficie déjà d'un prix de l'électricité parmi les plus bas d'Europe, inférieur de 30 à 35% à celui payé par les Italiens.
- Des retombées industrielles significatives : L'éolien en mer représente à lui seul environ 37 milliards d'euros en termes de taxes et de retombées économiques.
- Une création d'emplois massive : La PPE3 devrait générer « au bas mot 120.000 emplois supplémentaires d'ici 2035 », dont 90.000 directement dans le secteur des énergies renouvelables.
Roland Lescure a rappelé un chiffre marquant : « La France importe chaque année pour 60 milliards d'euros d'énergies fossiles en temps normal, et il est bien probable que cette année, on aille au-delà. » Investir dans les énergies décarbonées représente donc aussi un enjeu de souveraineté et de balance commerciale.
Des objectifs chiffrés ambitieux pour les capacités installées
Le plan gouvernemental fixe des objectifs quantitatifs précis. L'ambition est de porter les capacités installées de la France à 15 gigawatts (GW) d'ici 2035, contre seulement 2 GW actuellement. Les appels d'offres nouvellement lancés représentent une puissance cumulée d'environ 10 GW, répartis équitablement entre :
- 5 GW d'éolien posé
- 5 GW d'éolien flottant
Ces projets seront déployés sur l'ensemble des façades maritimes françaises, notamment à Fécamp-Grand-Large, en Bretagne-Nord-Ouest, en Bretagne-Sud, à Oléron, dans la Narbonnaise Sud Hérault, dans le Golfe du Lion Centre et dans le Golfe de Fos. « C'est avant tout un investissement en France et pour les territoires », a conclu Maud Bregeon, soulignant la dimension locale et structurante de cette transition énergétique.



