Le parc éolien de Cap Estève, inauguré jeudi 1er octobre, produira chaque année 46 020 MWh d'électricité renouvelable, soit l'équivalent de la consommation de près de 20 000 personnes, et permettra d'éviter environ 19 700 tonnes de CO2 par an, selon Engie. Ce projet, situé à cheval sur les communes de Castanet-le-Haut (Hérault) et Murat-sur-Vèbre (Tarn), a nécessité un investissement de 40 millions d'euros de la part du fournisseur d'énergie.
Un projet de longue haleine concrétisé
Le maire de Castanet-le-Haut, Max Alliès, s'est montré enthousiaste lors de l'inauguration, évoquant « un beau projet qui voit enfin le jour après de longues années de travail ». Le projet, démarré en 2018, s'étend sur les deux communes et comprend sept éoliennes au total, dont deux situées sur la commune de Castanet-le-Haut. Ces aérogénérateurs rejoignent les 58 éoliennes déjà présentes dans un rayon de 5 kilomètres autour du site.
Les deux maires, Max Alliès et Daniel Vidal (Murat-sur-Vèbre), ont salué la concrétisation de ce projet soutenu localement. Engie précise que l'énergie produite est destinée à une consommation nationale.
Des retombées économiques et un choix géographique stratégique
Le parc générera plus de 200 000 euros de recettes fiscales annuelles pour la communauté de communes, Engie payant une redevance pour l'occupation des lieux. Pour Castanet-le-Haut, cela représentera environ 50 000 euros par an de loyer, une somme « bienvenue pour une petite commune », selon le maire.
Le choix du massif de l'Espinouse n'est pas anodin. « Nous sommes situés sur une montagne très exposée au vent, à quelque 1 100 mètres d'altitude, ce qui fait qu'ici, nos éoliennes sont plus petites de 50 m, comparé à celles en plaines, mais n'ont pas besoin d'être plus hautes, car elles produisent autant », explique Max Alliès.
Des mesures pour préserver la biodiversité
Face aux critiques sur l'impact des éoliennes sur la faune, le projet a intégré des dispositifs de protection. Des détecteurs (SDA) ont été installés pour les oiseaux et les chauves-souris. « Si un oiseau est détecté, les pales ralentissent très rapidement. Pour les chauves-souris un bridage passif est mis en place. Autrement dit, si les conditions météorologiques sont réunies, de mars à novembre, les éoliennes s'arrêtent complètement, la nuit. Par jour, les installations se mettent à l'arrêt 30 à 40 fois par jour en moyenne », détaille Pierre Petit, chef d'exploitation du site.
Concernant la flore, le maire précise que les épicéas abattus autour du parc ont souffert des tempêtes Nils et Pedro ainsi que d'une épidémie de scolyte, et que « les éoliennes n'y sont pour rien ». Selon la Ligue de protection des oiseaux, la mortalité des volatiles varie de 0,3 à 18,3 spécimens tués par éolienne et par an, avec 75 % des espèces retrouvées étant protégées, souvent des rapaces.
Un accueil favorable et une transition jugée inéluctable
Frédéric Madec, responsable développement pour le sud-ouest de la France chez Engie, souligne que « plusieurs consultations publiques ont été organisées, toutes s'y sont montrées favorables. Et c'est assez unique car, ici, aucun recours n'a été déposé contre le parc éolien ». Il ajoute que « les éoliennes sont cruciales pour nous permettre de réduire notre dépendance aux énergies fossiles ».
Le maire de Castanet-le-Haut, bien que partisan du nucléaire, invite à une réflexion dépassant les clivages idéologiques : « J'ai travaillé chez EDF toute ma vie, je devrais être anti-éolien. Mais ce n'est pas le cas, parce que j'essaye de voir un peu plus loin. » Il note que l'affluence touristique reste en progression depuis l'installation des éoliennes. La loi APER du 10 mars 2023 reconnaît aux projets éoliens terrestres le statut de raison impérative d'intérêt public majeur (RIIPM), réduisant les risques juridiques pour les promoteurs.