Depuis quelques jours, la jeune pousse LesVacantes propose aux propriétaires de résidences secondaires de louer leur bien pour des séjours de moyenne durée et hors saison. Une réponse concrète à la désertification hivernale des territoires touristiques, à commencer par la Nouvelle-Aquitaine.
Un phénomène saisonnier marqué
Chaque été, la même scène se répète sur le littoral atlantique, dans les villages du Périgord ou sur les rives du lac de Hourtin : les résidences secondaires s’animent, les terrasses reprennent vie, les commerces affichent complet. Puis, dès les premiers jours de septembre, les volets se ferment. Pour des semaines, parfois des mois. En Nouvelle-Aquitaine, ce phénomène prend une ampleur particulière : la région compte plus de 400 000 maisons de vacances, soit plus de 10 % du parc de logement. Et 40 % d’entre elles sont situées à moins de deux kilomètres du littoral, selon l’INSEE. Autant de logements qui restent inoccupés une grande partie de l’année, pendant que des familles cherchent un toit, que des professionnels en mission peinent à trouver un logement temporaire, que des étudiants enchaînent les sous-locations précaires.
Une plateforme de location moyenne durée sécurisée
C’est ce paradoxe qu’ont cherché à résoudre Jim Lambert-Sailer et Alexandre Moio en fondant LesVacantes. La plateforme bordelaise, accompagnée par la technopole UNITEC depuis ses débuts, propose un dispositif simple dans son principe mais exigeant dans son exécution : permettre aux propriétaires de résidences secondaires de louer leur bien hors saison, dans un cadre sécurisé : un bail qui s’accompagne d’une garantie des loyers impayés et une assistance juridique en cas de litige. À l’inverse des plates-formes de location courte durée comme Airbnb ou Booking, LesVacantes mise sur la moyenne durée — d’un à huit mois — et sur une sélection soigneuse des locataires. Familles en transition de vie, professionnels en mission, étudiants, travailleurs nomades : les profils ciblés sont ceux dont les besoins correspondent à ce type d’hébergement et dont le rapport aux lieux est jugé compatible avec les attentes des propriétaires.
« Dans nos territoires littoraux comme dans certaines zones rurales ou patrimoniales, les maisons secondaires représentent une richesse souvent sous-utilisée hors saison. Nous pensons qu’il est possible d’en faire bénéficier les territoires tout en respectant les propriétaires et les lieux », explique Jim Lambert-Sailer. L’idée est aussi de permettre aux propriétaires de couvrir une partie des frais liés à leur résidence — entretien, charges, taxes — grâce aux revenus locatifs générés pendant les mois creux, sans pour autant renoncer à leur usage estival. « Nous proposons un service qui ne peut que plaire aux propriétaires de biens longtemps inoccupés. Nous sommes à la fois une arme antisquat, un service qui permet de maintenir en bon état des biens qui souffrent d’être longtemps fermés et non chauffés », assure ce dernier.
Un double enjeu territorial et économique
Au-delà de l’intérêt individuel, LesVacantes entend peser sur la revitalisation des territoires touristiques. En remettant en circulation des logements vacants hors saison, la start-up espère contribuer à maintenir une population active toute l’année, à soutenir le tissu commercial local, à éviter cette bipolarité saisonnière qui fragilise de nombreuses communes. La démarche rejoint des préoccupations plus larges sur l’usage des résidences secondaires, régulièrement pointées du doigt dans le débat public — notamment dans les zones où elles contribuent à la tension sur le marché immobilier pour les habitants permanents. LesVacantes ne prétend pas résoudre ce problème structurel, mais propose une voie intermédiaire : celle d’une occupation douce, temporaire et encadrée, qui profite à la fois aux propriétaires, aux locataires et aux territoires.
Un lancement en région, déploiement national en vue
Depuis mars 2026, la plate-forme a ouvert ses premières inscriptions pour les propriétaires, avec un premier déploiement concentré sur plusieurs territoires touristiques de Nouvelle-Aquitaine : le bassin d’Arcachon, le littoral landais, la Charente-Maritime, et certaines zones patrimoniales de la région. Elle compte une quarantaine de biens à proposer et ambitionne d’en compter une centaine d’ici la fin de l’année. L’ancrage régional lui permet, malgré un chiffre encore modeste de biens à proposer, de tester le modèle sur des marchés variés — côtiers, ruraux, patrimoniaux — avant d’envisager une expansion nationale. En attendant, le lancement lui sert aussi à éprouver son modèle économique qui repose sur une commission de 13,5 % sur la transaction, loin des 20 % pratiqués par des plateformes de location saisonnières.



