La villa Paradiso, monument classé situé sur la colline de Cimiez à Nice, accueillera d'ici l'automne 2027 une maison dédiée à l'accueil des femmes victimes de violences conjugales. Ce lieu, pensé comme un guichet unique, sera ouvert 24 heures sur 24 et regroupera associations, unité médico-légale et hébergements d'urgence. L'annonce a été faite ce vendredi 25 septembre 2026 par Zara Boutayeb, adjointe déléguée aux Droits des femmes, aux côtés du maire de Nice, Éric Ciotti.
Un projet inédit en France
« Nous sommes là. Vous n'êtes plus seules. N'ayez pas peur, on vous protégera ! » a lancé Zara Boutayeb lors de la présentation du projet. Éric Ciotti a qualifié cette structure de « projet inédit en France par son ambition, son ampleur et son dimensionnement ». L'objectif est de rassembler l'ensemble des services dédiés à la protection des femmes afin de simplifier leurs démarches.
Sur trois niveaux, la villa accueillera les associations spécialisées, l'unité médico-légale du centre hospitalier universitaire ainsi que des hébergements d'urgence. Une douzaine de ces hébergements seront créés au dernier étage, mais ils ne seront que transitoires. Une convention est également sur le point d'être signée avec les bailleurs sociaux pour mobiliser 8 appartements du parc locatif, réservés à l'accueil de femmes en danger.
Un lieu chargé d'histoire
Zara Boutayeb a rappelé que la villa Paradiso, qui a appartenu à Hélène de Rothschild, « avait déjà été un refuge » au début du XXe siècle. Le monument classé a ensuite accueilli le conservatoire de Nice. Inoccupé depuis plusieurs années, l'ancienne municipalité envisageait de le vendre à un groupe de santé. Finalement, le bâtiment sera dédié à l'accueil de femmes en détresse.
Éric Ciotti a annoncé que 2,2 millions d'euros seront engagés pour adapter la villa à sa nouvelle vocation. L'adjointe aux Droits des femmes a souligné la symbolique de cet emplacement, « l'un des plus beaux endroits de Nice », alors que les centres d'accueil sont généralement « des lieux tristes ». Elle a également noté que ces sites sont habituellement tenus secrets pour protéger la sécurité des occupantes, une protection qu'elle juge « illusoire ».
Une sécurisation renforcée et un constat alarmant
Le maire de Nice a affirmé que toutes les mesures seront prises pour sécuriser les lieux, notamment grâce à l'installation de caméras et à la présence permanente de gardiens. Il a rappelé la « gravité » du sujet en citant des chiffres : 228 000 femmes sont victimes de violences conjugales en France, et 107 d'entre elles en sont mortes l'an passé. Dans le département, « onze femmes par jour déposent plainte », a ajouté Zara Boutayeb.
Ce projet, dont l'ouverture est prévue à l'automne 2027, vise à offrir un accompagnement complet et sécurisé aux victimes, tout en centralisant les services existants. Il marque une étape importante dans la prise en charge des violences conjugales à Nice.