L'Union européenne s'engage pour une réduction drastique des émissions d'ici 2040
Les eurodéputés ont définitivement adopté, ce mardi en plénière à Strasbourg, l'objectif climatique de l'Union européenne pour 2040. Cette ambition se traduit par une baisse de 90% des émissions de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux de 1990, avec l'objectif ultime d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2050.
Un vote marqué par des divisions et des compromis
Le Parlement européen a soutenu cette mesure par 413 voix contre 226, un résultat qui reflète les tensions au sein de l'institution. Pour rallier des pays réticents comme l'Italie, la Pologne ou la Hongrie, des flexibilités significatives ont été introduites durant les négociations.
Le dispositif prévoit notamment la possibilité d'acquérir des crédits carbone en dehors du continent européen. Concrètement, l'UE pourra réduire ses émissions domestiques de 85% et compléter les 5% restants grâce au financement de projets de décarbonation hors d'Europe.
Un chemin déjà parcouru, mais une marche encore haute
L'Union européenne avait déjà réduit ses émissions de 37% en 2023 par rapport à 1990, une performance obtenue notamment grâce au déclin progressif du charbon et au développement accéléré des énergies renouvelables. Cependant, l'objectif de -90% d'ici 2040 représente un défi colossal qui nécessitera des transformations profondes dans tous les secteurs économiques.
Les organisations environnementales critiquent vivement le mécanisme des crédits carbone internationaux, le percevant comme une forme de délocalisation de l'effort climatique. Elles estiment que l'UE devrait assumer la totalité de ses réductions sur son propre territoire.
Des concessions et des reports qui atténuent l'ambition
Le compromis européen inclut également une clause de révision de cette loi climat et la possibilité d'ajouter des crédits carbone internationaux supplémentaires après 2030, pouvant représenter jusqu'à 5% de l'effort demandé aux États membres.
Sous la pression de plusieurs pays, les Européens ont par ailleurs reporté d'un an, de 2027 à 2028, l'extension du marché du carbone au transport routier et au chauffage des bâtiments. Et le débat n'est pas clos, car plusieurs États réclament encore un report au-delà de 2028, ce qui pourrait fragiliser la trajectoire climatique globale.
L'UE affirme son leadership climatique malgré les critiques
Malgré ces concessions, l'Union européenne souligne son rôle de leader en matière environnementale. Très loin derrière la Chine, l'UE est actuellement le quatrième émetteur mondial de gaz à effet de serre, après les États-Unis et l'Inde.
Le commissaire européen en charge du climat, Wopke Hoekstra, a récemment rappelé que « l'Europe n'est responsable que de 6% des émissions mondiales » tout en étant « l'un des leaders en matière d'action climatique » et en finançant « de loin la majeure partie des actions climatiques à l'étranger ».
Il a toutefois déploré que « la solidarité et la réciprocité ne vont malheureusement pas toujours de pair » parmi les partenaires internationaux, appelant à un changement de paradigme dans la coopération climatique mondiale.



