Sciences Po Menton: blocage du campus pour soutenir les lycéens
Sciences Po Menton: blocage du campus pour les lycéens

Une centaine d'étudiants de Sciences Po Menton ont bloqué l'accès au campus jeudi 15 octobre dès 7 heures du matin, en soutien au mouvement national lycéen. Ils ont voté la poursuite de la mobilisation jusqu'à samedi, malgré les inquiétudes liées aux examens de mi-semestre.

Un blocage symbolique et revendicatif

Près de 90 étudiants ont empilé poubelles et barrières devant l'entrée du campus de la place Saint-Julien, rappelant les blocages de 2023. Sur place, l'atmosphère est décrite comme « bon enfant », avec des étudiants qui jouent au ballon, dansent et rient. Mais tous expriment un mélange d'émotions, de la colère à l'espoir en passant par l'inquiétude.

« C'est la première émotion qui a été ressentie par énormément de personnes », explique un étudiant de première année, évoquant « la honte de ne pas bouger » alors que d'autres campus de l'institution ont rejoint le mouvement. Il raconte que des amis encore au lycée se mobilisent depuis trois semaines, épuisés, certains marqués d'hématomes qu'ils attribuent aux forces de l'ordre.

Des revendications multiples

Les étudiants soutiennent le mouvement lycéen né dans les établissements d'« outre-mer » et dénoncent la répression policière. Ils s'élèvent aussi contre « un climat de peur entretenu » par le directeur national, Luis Vassy, accusant l'institution d'avoir « oscillé entre répression et passivité ». Selon plusieurs étudiants, des sanctions auraient frappé des participants aux mobilisations de 2023.

Ils protestent également contre la précarisation des étudiants : sous-financement, logement, insécurité alimentaire, emplois du temps surchargés. Ils réclament de meilleures conditions de travail pour les enseignants. « Nous étudions la politique, les dynamiques de pouvoir, le déclin démocratique, les sciences humaines… Être présent aujourd'hui, c'est une forme de continuité de ce que nous apprenons », lance un autre étudiant.

Le soutien des enseignants

Des enseignants étaient présents aux abords du campus pour soutenir les étudiants, bien que se réunir puisse menacer leur poste. « Ils nous soutiennent, alors on les soutient aussi », explique l'un d'eux. Une enseignante voit dans ces étudiants « la vraie génération du Covid », estimant qu'ils ont vécu l'école « enfermés » et en gardent des séquelles psychologiques. Elle juge le passage des cours en visioconférence inadapté : « Les renvoyer chez eux, devant leur écran, seuls et isolés », c'est « quelque chose de très violent ».

Les étudiants ont voté la poursuite du blocage jusqu'à samedi, malgré les « mid terms » prévus samedi 17 octobre. L'administration, dans un message consulté par Nice-Matin, écrit qu'il faut « trouver ensemble l'équilibre entre le droit de manifester et le droit à l'éducation ». Elle annonce que les absences de jeudi ne seront pas relevées et que les étudiants qui manqueront leur galop pourront prétendre à un report en novembre. Malgré cette réponse, les étudiants indiquent que la mobilisation se poursuivra vendredi et samedi.