Aliments protéinés : Foodwatch dénonce des produits ultra-transformés
Protéinés : Foodwatch dénonce l'ultra-transformation

L'ONG Foodwatch a publié le 21 septembre un communiqué alertant sur les produits alimentaires enrichis en protéines qui ont envahi les rayons des supermarchés. Derrière l'argument marketing, l'organisation pointe des produits trop souvent ultra-transformés et contenant des additifs controversés.

Dix produits épinglés par Foodwatch

Barres de céréales, salades complètes, boissons, céréales de petit-déjeuner, compotes, tartines, yaourts… Tous affichent une bonne concentration en protéines, mais présentent trop souvent des marqueurs de l'ultra-transformation, comme des amidons modifiés, de la gomme gellane ou du sirop de glucose. Certains contiennent également des additifs controversés pour la santé, tels que des carraghénanes ou des édulcorants comme l'acésulfame-K.

« Derrière leurs promesses nutritionnelles, les 10 produits "protéinés" que nous épinglons sont en réalité tous ultra-transformés. Certains sont bourrés d'additifs controversés pour la santé, d'autres sont carrément des bombes de sucres », dénonce Léa Redon, chargée de campagnes chez Foodwatch France.

L'effet de halo des protéines

Alors que les risques pour la santé des produits ultra-transformés sont de mieux en mieux documentés, les allégations nutritionnelles autour des protéines, perçues comme bonnes pour la santé, masquent les véritables dangers. « Le marketing de l'hyper-protéiné sert souvent d'écran de fumée au caractère ultra-transformé de ces produits. Les industriels joueraient sur le raccourci : protéine = bon pour la santé. C'est ce qu'on appelle l'effet de halo : le jugement global que l'on porte sur le produit est amélioré, voire réduit à cette qualité, détournant l'attention de ce qu'il est réellement », explique l'ONG.

Plusieurs études récentes ont pointé les risques des aliments ultra-transformés pour la santé, notamment le diabète de type 2. De nombreux chercheurs sont mobilisés pour obtenir une réponse des autorités sanitaires face à ce fléau. « Parmi les produits analysés, trop souvent, Foodwatch a trouvé des marqueurs d'ultra-transformation, comme des amidons modifiés de maïs, des gommes gellane, des carraghénanes… En ajoutant des concentrats de protéines, des protéines hydrolysées ou des protéines texturées, isolées de manière industrielle, l'aliment devient aussi ultra-transformé au sens de la classification NOVA », étaye l'organisation.

Une pétition pour un étiquetage obligatoire

« Face aux allégations nutritionnelles qui détournent l'attention de la réelle composition de ce que nous mangeons, Foodwatch demande un étiquetage obligatoire de l'ultra-transformation des produits en face avant des emballages, conjoint au Nutri-Score », réclame l'ONG dans une pétition portée par Foodwatch, Yuka et France Assos Santé.

Les protéines sont indispensables au bon fonctionnement de l'organisme. Elles forment, avec les glucides et les lipides, l'une des trois grandes familles de macronutriments, qui constituent les principaux nutriments apportés par l'alimentation. « L'apport journalier recommandé (AJR) est de 0,8 à 1 g de protéines par kilogramme de poids corporel par jour pour les personnes de plus de 19 ans. Ce qui représente, par exemple, une consommation de 60 à 75 g par jour pour une personne de 75 kg », note l'Inserm.

Cet apport journalier peut généralement être facilement atteint grâce à une alimentation variée et équilibrée. Pour la plupart des personnes, il n'est donc pas nécessaire de se tourner vers des aliments spécialement enrichis en protéines.