Chaque été, des glissements discrets vers l'extrême droite se produisent, souvent inaperçus. Daniel Schneidermann, dans sa chronique, observe ces petits mouvements qui, cumulés, dessinent une tendance inquiétante. Il note que ces glissements se manifestent dans les discours politiques, les médias et les comportements sociaux, sans toujours susciter de réactions.
Des signes discrets mais révélateurs
L'auteur commence par évoquer des exemples concrets de ces glissements, comme l'utilisation de termes autrefois associés à l'extrême droite dans le débat public. Il cite notamment des déclarations de responsables politiques qui reprennent des formulations naguère jugées inacceptables. Ces petites phrases, répétées, finissent par normaliser des idées qui étaient auparavant marginales.
Schneidermann souligne que ces glissements ne sont pas le fruit du hasard. Ils résultent d'un travail de longue haleine mené par des think tanks, des médias et des personnalités politiques. L'objectif est de déplacer le curseur de ce qui est considéré comme acceptable dans le débat public. Ce phénomène n'est pas nouveau, mais il s'accélère pendant l'été, période propice aux annonces et aux déclarations.
L'été, saison des glissements
L'auteur explique que l'été est une période particulièrement favorable à ces évolutions. Les médias sont en mode ralenti, l'actualité est moins dense, et les déclarations chocs ont plus de chances de marquer les esprits. C'est aussi le moment où les politiques prennent des positions qu'ils n'oseraient pas adopter en pleine saison politique. Schneidermann donne l'exemple de propositions sur l'immigration ou la sécurité qui, formulées en été, passent presque inaperçues.
Il rappelle que ces glissements ne sont pas le fait d'un seul camp. Ils sont le résultat d'une convergence de facteurs : la montée des populismes, la crise de confiance dans les institutions, et la banalisation de certains discours. L'auteur insiste sur le rôle des médias dans ce processus, qui, en reprenant ces termes sans les questionner, participent à leur normalisation.
Une vigilance nécessaire
Schneidermann appelle à une vigilance accrue face à ces glissements. Il estime que les citoyens et les journalistes doivent être attentifs à ces petits déplacements de langage et d'idées. Selon lui, c'est en les identifiant et en les nommant que l'on peut empêcher qu'ils ne deviennent la norme. Il conclut en soulignant que l'été n'est pas une trêve, mais un moment où les évolutions se préparent.
L'auteur termine sur une note d'espoir, affirmant que la prise de conscience de ces mécanismes est le premier pas pour y résister. Il encourage à ne pas banaliser ce qui ne doit pas l'être, et à rester attentif aux signaux faibles qui annoncent des changements plus profonds. C'est en ce sens que sa chronique se veut un appel à la lucidité.



