En France, une personne sur trois est issue de la première, de la deuxième ou de la troisième génération d'une famille immigrée, selon l'enquête « Trajectoires et Origines 2 » de l'Ined (Institut national des études démographiques). Pour les enfants de couples mixtes, cette double culture est souvent perçue comme une richesse, mais elle soulève aussi des questions d'identité, notamment dans des contextes de discrimination.
Un « entre-deux perturbant » pour les enfants de couples mixtes
« Comme je l'ai toujours dit, je suis trop française pour les "rebeus" et "trop rebeu" pour les Français », lâche Clara (les prénoms ont été modifiés), une jeune Franco-Turque, dans un éclat de rire gêné. Même constat pour Nasîko, d'origine kurde : « Quand je suis au bled, je sens que je suis différent, et en France, on me considère comme kurde. »
Pour Lyna, franco-algérienne, avoir deux cultures peut être une grande richesse, mais « c'est naviguer dans un entre-deux perturbant qui empêche de se définir ». Ces témoignages illustrent la difficulté pour certains métis de trouver leur place, partagés entre deux cultures et parfois rejetés par chacune d'elles.
La catégorie des métis, « une réalité coloniale »
Le chercheur Jean-Loup Amselle explique que la catégorie des métis « est une réalité coloniale ». Cette analyse historique éclaire les représentations contemporaines et les stéréotypes auxquels sont confrontées les personnes issues de couples mixtes.
Issus de l'immigration et du métissage, ces enfants peinent parfois à se définir, a fortiori dans des contextes de discrimination. La biculturalité, souvent vantée comme une ouverture sur le monde, peut aussi devenir un fardeau identitaire lorsque l'appartenance à un groupe est constamment questionnée.
L'enquête « Trajectoires et Origines 2 » de l'Ined montre que les indicateurs d'intégration, au sens d'une pleine appartenance à la société française, sont contrastés pour ces populations. Les témoignages recueillis par Cassiopée Etchevers et Charly Zaïdi, publiés le 24 août 2026, mettent en lumière cette réalité complexe, où la quête d'identité reste un défi quotidien pour de nombreux métis.



