Ce mercredi 7 octobre, trois ans après les attentats perpétrés en Israël qui ont fait 1 200 morts, dont 42 Français, un hommage est rendu à Montpellier à Valentin Ghnassia, ancien étudiant en droit tué alors qu'il tentait de sauver des otages. La cérémonie, organisée au centre culturel juif Simone Veil, vise à commémorer les victimes et à interroger la montée de l'antisémitisme en France.
Un hommage entre mémoire et vigilance
Valentin Ghnassia, 23 ans, ancien étudiant de la faculté de droit de Montpellier, s'était engagé dans l'armée israélienne. Il a perdu la vie dans le kibboutz de Be'eri, près de Gaza, où il avait été héliporté au matin du 7 octobre 2023, en sauvant des otages. Ses proches, notamment sa mère qui a quitté l'Hérault pour Israël, honoreront sa mémoire au cimetière militaire du mont Herzl, à Jérusalem.
À Montpellier, une soirée de commémoration est prévue au centre culturel juif. Selon Perla Danan, présidente régionale du Crif, il s'agit d'une « soirée de commémoration axée sur les 42 Français tués mais aussi d'interrogation sur l'antisémitisme croissant que nous connaissons ». Elle ajoute : « Il faut faire réfléchir le grand public, tous les Français doivent faire barrage. »
Les mythes antisémites décryptés par un historien
Le nombre d'actes antijuifs a bondi depuis le 7 octobre 2023, et un grand travail pédagogique reste à effectuer, rappelle Carol Iancu, professeur émérite d'histoire contemporaine à l'université Paul-Valéry de Montpellier. Dans son ouvrage sur les « mythes fondateurs de l'antisémitisme » (Ed. Privat), il analyse les ressorts de cette haine depuis l'Antiquité.
L'actualité des écrits antisémites attribués à Jordan Bardella, président du RN, a rappelé le danger que représente l'extrême droite et les idées reçues tenaces, comme celle affirmant que « toutes les banques sont détenues par des Juifs ». L'historien explique qu'empêchés de posséder et de travailler la terre à l'époque médiévale, les Juifs ont été poussés par la politique de l'Église vers la médecine, le négoce et le prêt à intérêt « usurier ».
« La seule solution c'est l'éducation »
« Mais, ils n'ont eu qu'une place réduite dans le mouvement d'argent. Et encore plus depuis le XIXe siècle, les Juifs sont identifiés avec l'argent et la richesse, c'est ancré malheureusement dans certaines mentalités », déplore Carol Iancu. Il ajoute : « La parole antisémite s'est libérée, dès qu'il se passe quelque chose au Proche-Orient, on s'en prend aux Juifs ici en Europe… La seule solution c'est l'éducation et ce n'est pas toujours facile. Au Moyen Âge on accusait déjà les Juifs et les lépreux d'empoisonner les fontaines pour détruire le christianisme. »
Le rendez-vous est fixé ce mercredi 7 octobre à 18h30 au centre culturel juif Simone Veil, 500 boulevard d'Antigone à Montpellier. La soirée comprendra un hommage aux victimes du 7 octobre, la projection d'un film et une exposition éphémère avec les dessins de Joann Sfar.