Le Centre régional de sauvegarde de la faune sauvage caussenarde (CRSFS), situé à Millau en Aveyron, a été contraint de limiter les admissions d'animaux sauvages en raison de l'afflux massif lié à la canicule. Depuis la fin juin, jusqu'à 50 animaux par jour ont été accueillis, saturant les capacités de la structure.
Un afflux exceptionnel d'animaux en détresse
Créé en 1986, le centre recueille les animaux sauvages blessés, affaiblis ou orphelins. Fin juin, plusieurs centaines d'animaux ont été pris en charge en quelques jours, un nombre bien supérieur à la normale. Face à cette situation, le centre a temporairement fermé ses portes avant d'annoncer, à partir du 30 juin, ne plus accepter que les cas les plus urgents. Les rapatriements organisés par l'association sont également suspendus pour les martinets, les hirondelles et les corvidés, ainsi que pour les animaux des départements voisins. Les animaux ne peuvent être déposés que directement au centre, dans la limite des places disponibles.
Consignes pour le public
Les équipes, débordées, ne peuvent plus répondre systématiquement aux appels téléphoniques. En cas de découverte d'un animal sauvage en difficulté, elles recommandent de ne pas paniquer, de placer l'animal dans un carton percé, à l'abri de la chaleur, dans un endroit calme et sombre, puis de se renseigner sur la conduite à tenir avant toute manipulation. Le public est invité à réserver les déplacements au centre aux situations réellement urgentes. "Nous gérerons les entrées au cas par cas en fonction de la gravité de la situation et des moyens dont nous disposons. La situation est très frustrante pour tout le monde, nous compris", indique l'association sur ses réseaux sociaux.
Lien direct avec la canicule
Pour Annick Morange, bénévole au sein du centre, cette hausse des prises en charge est directement liée aux fortes chaleurs. "Il n'y a pas de manque d'eau spécifique en Aveyron, mais si les animaux n'ont pas de point d'eau à proximité et que tout est sec pendant la canicule, on retrouve beaucoup de juvéniles séparés de leurs parents", explique-t-elle. Les températures ont atteint 40 °C, aggravant la détresse des animaux.
Appel aux dons et aux bénévoles
Depuis le début de l'épisode caniculaire, plusieurs bénévoles sont venus renforcer ponctuellement les équipes. "Il y a toujours des gens qui veulent aider, donner de leur temps. Ils sont très motivés", souligne Annick Morange. Malgré cet élan de solidarité, le centre reste confronté à d'importantes difficultés financières. Faute de moyens, il ne peut recruter de personnel supplémentaire, ni rénover ses installations ou envisager un déménagement vers des locaux plus adaptés. "On n'a toujours pas de sous et seulement deux salariés à temps partiel", regrette la bénévole. Le centre recherche notamment des personnes pouvant effectuer des trajets vers la déchetterie ou récupérer des copeaux de bois et de la paille. Les dons de consommables sont également les bienvenus : liquide vaisselle, sopalin, lessive, compotes, pâtée pour chat, fruits de saison, poissons surgelés ou encore certains produits pharmaceutiques, comme du lait maternisé Biocanina, du tulle gras, des compresses, du Micropore, du Cohéban ou des pipettes de 1 ml. Le centre informera le public sur ses réseaux sociaux lorsque les conditions d'accueil redeviendront normales.



