Cancers à début précoce : une hausse inquiétante chez les moins de 50 ans
Cancers à début précoce : hausse chez les moins de 50 ans

Les cancers à début précoce, notamment du sein, colorectal, du rein, du foie et du pancréas, sont en augmentation chez les personnes de moins de 50 ans, selon une analyse du World Cancer Research Fund International (WCRF). L'organisation a examiné les taux d'incidence de 12 types de cancer aux États-Unis et aux Pays-Bas entre 2020 et 2023, et en Angleterre entre 2001 et 2023, afin d'identifier les facteurs explicatifs possibles.

Des augmentations variables selon les pays et les sexes

Aux États-Unis, chez les femmes, les cancers du sein, colorectal, de l'utérus, du rein, du foie, du pancréas et de l'estomac ont significativement augmenté. Chez les hommes, on observe une hausse des cancers colorectal, du rein, du pancréas et de l'estomac. Aux Pays-Bas, les cancers du col de l'utérus, colorectal, du rein et du foie ont progressé chez les femmes, tandis que les cancers colorectal, du rein et du foie ont augmenté chez les hommes.

En Angleterre, les femmes sont confrontées à une augmentation des cancers du sein, colorectal, du col de l'utérus, de l'utérus, du rein, du foie, du pancréas et de l'estomac. Pour les hommes, les cancers colorectal, du rein, du foie, du pancréas et de la prostate sont en hausse. Ces données confirment une tendance préoccupante dans plusieurs pays occidentaux.

Les facteurs de risque modifiables identifiés

Les chercheurs du WCRF ont identifié plusieurs comportements et facteurs de risque modifiables associés à ces cancers : le surpoids et l'obésité, une activité physique insuffisante, une alimentation riche en viande rouge et en viandes transformées, une consommation importante de restauration rapide et de boissons sucrées, ainsi qu'une alimentation pauvre en fibres. À l'inverse, une alimentation riche en céréales complètes, en fruits, en légumes et en légumineuses peut contribuer à réduire les risques.

Actuellement, il est admis que 40 % des cas de cancer sont évitables, notamment lorsqu'ils sont liés au tabagisme, à la consommation d'alcool, au surpoids, au niveau d'activité physique ou à l'exposition au soleil. « Lorsque la fréquence de ces comportements évolue au sein d'une population, les taux de cancer peuvent également changer. Cela pourrait expliquer une partie, mais pas la totalité, de l'augmentation des cancers à début précoce », note le WCRF.

Les autres causes soupçonnées : environnement et microbiote

Les changements environnementaux sont également soupçonnés de contribuer à la hausse des cas de cancer chez les jeunes, même si aucune exposition unique ne permet de l'expliquer. « Les scientifiques étudient notamment la possibilité qu'une exposition prolongée aux polluants, aux produits chimiques, aux plastiques, ainsi qu'à la pollution de l'eau et de l'air, contribue au risque de cancer », indique l'article. Ils cherchent aussi à comprendre comment le microbiote intestinal pourrait être modifié par l'environnement.

Autre piste : les jeunes adultes étant davantage sensibilisés aux signes du cancer, ils sont plus susceptibles de consulter un professionnel de santé. Mais l'amélioration du diagnostic et du dépistage ne peut pas expliquer à elle seule la hausse des cas. Quant aux mécanismes biologiques, « le surpoids et l'obésité sont connus pour contribuer à une inflammation systémique de l'organisme, ainsi qu'à une résistance à l'insuline et à des modifications hormonales susceptibles d'augmenter le risque de cancer », précisent les chercheurs.

Des pistes de recherche pour l'avenir

Depuis les années 1990, selon l'OMS, les taux d'obésité ont doublé chez les adultes et quadruplé chez les adolescents. « Les recherches indiquent également que l'alimentation, les antibiotiques, la pollution et d'autres expositions liées à la vie moderne pourraient modifier l'inflammation et le fonctionnement du système immunitaire et, par conséquent, influencer le développement des cancers », ajoute Vanessa Gordon-Dseagu.

Génétique, microbiote, facteurs de risque modifiables, environnement : comprendre précisément les mécanismes à l'œuvre doit désormais être une priorité de recherche. « Compte tenu du rythme des recherches actuelles, les progrès scientifiques devraient permettre, dans un avenir relativement proche, d'améliorer la prévention, la sensibilisation, la détection précoce et la personnalisation des traitements », conclut l'analyse du WCRF.