Blocus virtuels : les lycéens sabotent les cours en ligne
Blocus virtuels : les lycéens sabotent les cours en ligne

Depuis plusieurs jours, les lycéens français poursuivent leur mobilisation contre le manque de moyens dans les établissements, en faisant du bruit dans les rues mais aussi sur les réseaux sociaux. Le Ministère de l’Education Nationale a annoncé la possibilité pour les établissements de faire basculer les cours en distanciel. Ce dispositif, censé poursuivre les enseignements, s’est rapidement retrouvé chahuté par des « blocus virtuels ».

Une mobilisation qui s'étend sur les écrans

La flamme de la mobilisation a embrasé les lycées français, qui pointent du doigt le manque de moyens dans les établissements. Les scènes de violences ont rapidement conduit le ministre de l’Education Nationale à encourager la poursuite des cours en distanciel. Cette décision, les lycéens l’ont reçue comme une volonté de faire taire le mouvement et de le censurer.

Certains ont alors décidé de volontairement saboter le dispositif en organisant des « blocus virtuels » ou « e-blocus ». Le principe est simple : empêcher la tenue des cours par visioconférence. De nombreuses vidéos sur les réseaux sociaux, diffusées par les lycéens eux-mêmes, montrent des lignes audio saturées où tous les participants forment un brouhaha général. Symbole de la mobilisation, le titre « Gilet Jaune » de Kopp Johnson retentit au milieu de cette cacophonie. D’autres ont massivement diffusé les liens sur TikTok pour inviter d’autres internautes à perturber les cours.

Une forme de mobilisation à l'image de la Gen Z

Le « blocus virtuel » reprend bien les codes d’une génération qui a décidé d’être aussi créative qu’audacieuse dans ses modes de mobilisation. Une pancarte « comment on écrit '' dilemme'' déjà ? » pour tacler le ministre de l’Education Nationale qui avait douté de l’orthographe du mot, et des chorégraphies de K-pop devant les forces de l’ordre : une chose est sûre, les lycéens ne manquent pas d’imagination lorsqu’il s’agit de protester.

À l’ère des écrans, l’apparition de cette nouvelle forme de blocage n’est pas surprenante puisqu’elle tient sa force dans la solidarité qui unit les élèves. Mais dans ces conditions, difficile de poursuivre les cours pour les enseignants. « J’arrête tant pis, je vous souhaite une bonne journée » s’exclame un professeur qui a été contraint d’annuler son cours. Et qui, comme des centaines d’autres enseignants, ne sait pas quand il pourra retrouver ses élèves entre quatre murs.