La Communauté d'agglomération Sophia Antipolis (Casa) a achevé la modernisation de l'usine de traitement de la source du Lauron, acquise auprès de Veolia en 2025. La mise en service est prévue en juillet et concernera les communes de Roquefort-les-Pins, Antibes, Biot, Villeneuve-Loubet et Saint-Paul-de-Vence, selon un communiqué de la Casa.
Une acquisition stratégique face au changement climatique
Le président de la Casa, Jean Leonetti, a souligné l'importance de cette acquisition lors d'une conférence de presse le 23 juin 2026 : « Ce phénomène scientifique est émouvant : l’eau qu’il y a sur cette Terre est là depuis des millions d’années. Elle s’évapore, retombe… et cette eau recyclée en permanence rend cette Terre viable pour l’humain. » Cette déclaration fait écho à la politique de réutilisation des eaux usées traitées, un domaine où le territoire est pionnier.
La canicule qui sévissait lors de la signature du rachat, en juin 2025, a rappelé l'urgence climatique. Les élus communautaires ont de nouveau souffert de la chaleur lors de la visite du site modernisé, le 23 juin 2026, tandis que les techniciens de Veolia détaillaient les améliorations apportées.
Une usine centenaire entièrement rénovée
Les installations, vieilles d'un siècle, appartenaient à Veolia (ex-Compagnie générale des eaux). La Casa a repris le flambeau et modernisé le site avec la création d'une unité d'ultrafiltration. Olivier Moulinas, directeur territoire Côte d'Azur chez Veolia Eau, a expliqué : « L’installation est constituée d’une source et de quatre forages dans la nappe d’accompagnement du Loup, ainsi que la ressource naturelle du Loup. Historiquement, il s’agissait d’une eau de qualité remontée, relayée, chlorée. »
Le changement climatique a imposé des normes sanitaires plus strictes. En 2024, une crise de cryptosporidiose, infection intestinale due au parasite Cryptosporidium, avait contraint les collectivités à fermer les robinets temporairement. Cette crise a accéléré le passage à « des technologies plus poussées », selon le technicien en chef.
Un investissement pour la qualité et la sécurité
Jean Leonetti a conclu la visite par une réflexion philosophique : « Edgar Morin appelait à la complexité. Chaque fois que vous entendrez quelqu’un vous dire que la solution est simple, dans quelque domaine que ce soit, c’est un menteur ou un ignorant. Les solutions sont toujours complexes. On voit bien que si on veut un approvisionnement en eau, il faut des techniques différentes sur des territoires différents, pour faire en sorte d’atteindre un objectif raisonnable. »
L'unité d'ultrafiltration permet de capter les résidus, mais génère des eaux de lavage. Olivier Moulinas a précisé : « Nous devons donc faire des lavages réguliers, naturels ou chimiques. On évacue ainsi de l’usine l’eau traitée potable et cette eau de lavage. » Ces eaux de lavage ne sont pas rejetées sans contrôle : « En fonction de la qualité de ces eaux de lavage, et donc de la turbidité notamment, en fonction aussi du débit du Loup et de sa capacité à diluer - calculée grâce à des sondes de mesure -, on envoie ces eaux dans le Loup sans traitement ou vers un poste de relevage qui l’envoie vers un réseau d’assainissement. »
Les eaux usées ne sont rejetées dans le milieu naturel que si toutes les conditions sont réunies pour éviter tout impact environnemental. Sinon, elles sont dirigées vers une station d'épuration. Cette modernisation garantit une ressource sécurisée et un environnement préservé pour les six communes desservies.



