Réforme des déchets du bâtiment : trois axes pour améliorer collecte et recyclage
Réforme des déchets du bâtiment : trois axes annoncés

Une réforme majeure pour les déchets de construction

Le ministre délégué chargé de la transition écologique, Mathieu Lefèvre, a présenté, jeudi 19 février, les trois axes principaux de la réforme de la collecte et du recyclage des produits et matériaux de construction du bâtiment (PMCB). Cette annonce fait suite à près d'un an de concertation avec les différentes parties prenantes, initiée en mars 2025 par Agnès Pannier-Runacher, alors ministre de la transition écologique, en réponse aux critiques du secteur jugant le dispositif précédent inadapté et trop complexe.

Les trois piliers de la transformation

Premier axe : un maillage territorial renforcé. Le ministère a précisé que l'amélioration du réseau de points de reprise des matériaux s'appuiera, par ordre de priorité, sur les déchetteries professionnelles, les distributeurs volontaires et les déchetteries publiques qui le souhaitent. Cette organisation sera définie sous l'égide des conseils régionaux. Dans les zones où ce maillage reste insuffisant, les éco-organismes devront mettre en place des soutiens financiers additionnels. De plus, un fonds spécifique, alimenté par les éco-contributions, sera créé pour financer le traitement des dépôts sauvages.

Deuxième axe : une baisse des coûts de la responsabilité élargie des producteurs (REP). La réforme vise à concentrer les moyens financiers des éco-organismes vers les matériaux dits « non-matures », tels que les laines de verre, le plastique, les huisseries et les membranes bitumeuses, qui nécessitent un soutien accru pour structurer l'économie du recyclage. En revanche, les matériaux « matures » comme les inertes, le métal, le bois et bientôt le plâtre bénéficieront d'un traitement allégé.

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Troisième axe : une gouvernance améliorée avec obligation de résultats. Le ministère a annoncé la fixation d'un délai maximal entre la signature d'un contrat type par une collectivité et la mise en place effective des soutiens ou la prise en charge des déchets. Par ailleurs, les enveloppes dédiées à la communication et à la recherche et développement (R&D) seront supprimées au profit d'une logique d'obligation de résultats, visant à garantir une efficacité accrue.

Prochaines étapes et réactions du secteur

L'État détaillera dans les prochaines semaines les modalités de mise en œuvre de cette réforme, avec l'élaboration d'un nouveau cahier des charges pour encadrer les éco-organismes. De nouveaux agréments seront accordés sur la base de ce document. La fédération des artisans du bâtiment, la Capeb, a salué ces « arbitrages », les qualifiant d'avancées concrètes en faveur des professionnels. Elle a notamment mis en avant un maillage territorial « enfin adapté » à leurs pratiques, tout en restant vigilante quant à la mise en œuvre rapide et effective des engagements.

Rappelons que cette filière, prévue par la loi antigaspillage (loi Agec), avait été lancée fin 2022, suite au tragique décès du maire de Signes (Var) en août 2019, renversé par une camionnette dont les occupants, qu'il voulait verbaliser, avaient jeté des gravats en bord de route. Cette réforme vise ainsi à répondre à un enjeu environnemental majeur, avec 42 millions de tonnes de déchets générés annuellement par le secteur du bâtiment, tout en améliorant la sécurité et l'efficacité des processus de gestion des déchets.

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