Un conteneur défectueux empoisonne la vie d'une résidence girondine
Les résidents de la résidence La Chêneraie, située à Villenave-d'Ornon en Gironde, subissent depuis un an et demi les conséquences d'un conteneur semi-enterré défectueux. La pièce de relevage, cette tige métallique permettant au camion-grue d'extraire le bac, est cassée, rendant l'équipement inutilisable. En ce mois de février 2026, la situation perdure, créant des conditions de vie insalubres pour les habitants.
Nuisances olfactives et prolifération de vermine
Le conteneur, rempli à ras bord, émet des odeurs nauséabondes particulièrement prononcées durant l'été. « Et encore, il fait frais. Vous n'avez pas l'odeur », ironise Nathalie Esnouf, une habitante de la résidence. Les occupants de deux appartements dont les terrasses donnent directement sur la poubelle sont les plus affectés par cette situation. Les rats et les mouches profitent de cette manne, transformant l'espace en véritable nid à nuisibles.
La fente du conteneur laisse échapper des sacs-poubelle, aggravant le désordre visuel. « Comment voulez-vous que l'on casse un truc pareil ? Cela ne peut pas être de notre fait », s'étonne Xavier Delisle, un autre résident. Les habitants dénoncent le manque d'inspection sur place, les décisions ayant été prises uniquement sur la base de photographies.
Un imbroglio administratif et des délais interminables
Pendant près d'un an, la question de la responsabilité de la réparation a divisé Bordeaux Métropole, compétente sur les déchets, et les copropriétaires. Finalement, l'été 2025, la collectivité a estimé que la détérioration n'était pas « directement imputable à la collecte », rejetant ainsi la prise en charge des travaux.
Les résidents ont dû composer avec « un téléphone qui a longtemps sonné dans le vide » et des réponses contradictoires de la part des services. Pourtant, en 2018, suite à un incident similaire, la métropole avait pris en charge les réparations, créant un précédent qui accentue l'incompréhension des habitants.
Une solution temporaire insuffisante
Depuis dix-huit mois, les trente-deux logements de la résidence doivent se contenter d'une borne aérienne de substitution installée par Bordeaux Métropole. « Elle se remplit très vite », explique Xavier Delisle. Autour de ce point de dépôt provisoire, des sacs noirs commencent à s'accumuler, créant un nouveau foyer de désordre. « Dès qu'il y en a un, il en appelle d'autres. C'est tellement facile », constate amèrement le résident.
Ce point d'apport volontaire est partagé avec la résidence voisine, gérée par Domofrance, qui compte également trente-deux logements. Fin janvier, trois des quatre conteneurs semi-enterrés de la plate-forme (deux jaunes et deux noirs) étaient inutilisables, tout comme l'autre bac à ordures ménagères.
Un problème systémique et des perspectives de changement
Le cas de La Chêneraie n'est malheureusement pas isolé. « Le service est actuellement pénalisé par des incivilités, notamment en lisière de domaine public, et des délais de réparation très longs sur les conteneurs enterrés », confirme-t-on du côté de Bordeaux Métropole.
Plus de la moitié des 3 100 bornes de collecte du territoire sont situées sur le domaine privé, régies par des conventions complexes entre la collectivité et les copropriétaires. Face à cette gestion devenue trop lourde, le bureau des maires s'est récemment penché sur la question et envisage la fin des conteneurs semi-enterrés.
« Le Plan local d'urbanisme sera modifié pour que les locaux poubelles deviennent la norme et les points d'apport volontaire, l'exception. Le recours aux bornes enterrées sera proscrit », anticipe la métropole. La collectivité reprendrait ainsi la main sur la fourniture, la maintenance et le remplacement des bornes en fin de vie, ainsi que sur le nettoyage de leurs abords, moyennant une participation financière de la partie privée. Une expérimentation est d'ores et déjà prévue.
En attente d'une solution définitive
Début février, une entreprise spécialisée a finalement répondu aux appels des résidents et établi un devis de 2 500 euros pour les réparations. « Mais nous n'avons toujours aucun délai concernant les réparations », s'impatiente Nathalie Esnouf.
En attendant une solution pérenne, les habitants de La Chêneraie espèrent simplement pouvoir respirer un air plus sain dès l'été prochain, mettant fin à près de deux années de désagréments continus. La lenteur administrative et les difficultés de coordination entre acteurs publics et privés continuent de peser sur leur quotidien, illustrant les défis de la gestion des déchets en milieu urbain.



