Le conseil municipal de Montpellier a donné un avis favorable, ce mardi 6 octobre, au projet de transformation de l'usine Ametyst en filière de valorisation des Combustibles solides de récupération (CSR). La majorité municipale maintient son cap sur ce dossier sensible, tandis que l'opposition, tous bords confondus, exprime de vives réserves.
Un projet de longue date pour résoudre la crise des déchets
L'idée de créer une filière CSR n'est pas nouvelle. Elle a déjà animé la campagne municipale, et les positions n'ont pas vraiment évolué depuis. Pour Michaël Delafosse et sa majorité, cette infrastructure représente la meilleure option pour un problème « hérité du manque de courage politique des élus qui nous ont précédés ». Depuis la fermeture totale de la décharge de Castries en 2019, Montpellier et sa Métropole sont en effet contraints d'exporter leurs déchets vers des territoires voisins.
« Nous sommes les seuls en France à ne pas avoir de solution souveraine pour gérer nos propres déchets. Et notre Teom, la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, va continuer d'augmenter car nos voisins ne veulent plus de nos déchets. Le CSR, c'est la solution préconisée par l'Ademe. Et j'ai promis aux Montpelliérains qu'à la clé, il y aura une baisse de la Teom de 10 % grâce aux économies réalisées », a rappelé le maire de Montpellier.
Un système de chaudière prometteur mais contesté
Le système de chaudière CSR promet de produire de l'énergie en brûlant des résidus de déchets non recyclables, aujourd'hui envoyés par camion – 4 900 par an – vers l'incinérateur de Sète ou des sites d'enfouissement hors métropole. Séduisant sur le papier, le projet n'a pourtant pas convaincu l'opposition. LFI et les Verts Populaire ont même tenté de saisir la Commission nationale du débat public, pour l'heure sans succès.
Julia Mignacca, élue d'opposition, souligne les inquiétudes des habitants des quartiers voisins pour leur santé : « Pourquoi tant de précipitation, quand d'autres villes comme Istres ont abandonné leur projet de CSR en cours de route ? L'enjeu, ce n'est pas de construire une usine qui nous engage pour 30 ans, mais d'imaginer une société qui dans 30 ans ne produira plus besoin de traiter ses déchets non recyclables. »
Une opposition unanime sur les risques sanitaires et l'incohérence
Salim Jawhari, du groupe Montpellier Notre Fierté, a renchéri : « Où est passée votre politique "Zéro Déchets" Monsieur le maire ? C'est un choix politique majeur et votre outil industriel aura besoin dans les années à venir d'être alimenté en déchets pour fonctionner. Cette incohérence, il vous faut l'assumer. » Et de poursuivre : « Nos connaissances scientifiques sur les effets à long terme des rejets sur la santé ne permettent pas de parler de risque zéro. Notre position n'a donc pas bougé. »
Malgré ces critiques, l'avis favorable a été adopté, avec seize « contres » et neuf abstentions. Le débat est loin d'être terminé, car une consultation publique est prévue.
Consultation publique : réunions et permanences
Dans le cadre de la demande d'autorisation environnementale et du permis de construire du CSR, la consultation publique se tiendra du 12 octobre au 12 janvier. Trois commissaires enquêteurs ont été désignés et deux réunions publiques seront organisées le 20 octobre puis le 6 janvier salle Pelloutier, de 18 h à 19 h 30. La commission d'enquête tiendra également deux permanences à l'hôtel de Ville le 27 octobre de 14 h à 17 h et le 23 décembre de 9 h à 12 h. L'avis de consultation du public est disponible sur le site internet de la Préfecture.