Bordeaux Métropole enregistre des progrès significatifs dans la gestion des déchets
Les autorités publiques appellent les habitants à améliorer leur tri et à modifier leurs habitudes de consommation afin de réduire le volume de déchets à traiter. Dans l'agglomération bordelaise, les premiers résultats du Plan stratégique déchets, lancé en mars 2022, sont encourageants. Bien que la situation ne soit pas encore idéale, les comportements évoluent favorablement.
Un bilan environnemental positif après trois ans d'efforts
Les réglementations nationales, comme les lois Egalim et anti-gaspillage, et les directives européennes imposent des contraintes croissantes aux collectivités. En réponse, celles-ci modernisent leurs infrastructures et comptent sur l'engagement des citoyens pour minimiser l'impact environnemental des déchets.
Christine Bost, maire d'Eysines (PS) et présidente de Bordeaux Métropole, souligne : « Tout repose sur la façon dont le citoyen se saisit de sa responsabilité, nous sommes en bout de chaîne. La Métropole doit embarquer le citoyen dans sa démarche sinon nos efforts seront vains. »
En 2023, les résidents ont été invités à déposer tous les emballages dans la poubelle verte de recyclage, au lieu de quelques matières spécifiques auparavant. Puis, en 2024, des incitations ont été mises en place pour le compostage des déchets putrescibles. Des campagnes de communication ont également promu une consommation responsable, comme l'achat de produits en vrac et la réduction des emballages.
Des statistiques qui confirment l'amélioration
Les données de Bordeaux Métropole révèlent une diminution de 30 000 tonnes de déchets collectés entre 2021 et 2024. Le poids des ordures ménagères non recyclées (bac noir) a baissé de 14 % (18 000 tonnes) entre 2020 et 2024. Parallèlement, le taux de recyclage des déchets ménagers est passé de 33 % à 37 % sur la même période. La collecte des biodéchets a également progressé, avec des quantités mensuelles passant de 70 à 118 tonnes entre 2024 et 2025.
Le centre de tri de Bègles a traité 49 000 tonnes d'emballages en 2024, avec une capacité maximale de 65 000 tonnes.
Des investissements massifs pour soutenir la transition
Cette stratégie entraîne des dépenses considérables. Le plan pluriannuel d'investissement 2022-2026 alloue 52 millions d'euros au déploiement de composteurs individuels (43 600 distribués depuis 2020) et de bornes à déchets alimentaires (1 600 prévues fin 2026), ainsi qu'à la modernisation des déchetteries.
Patrick Labesse, maire écologiste de Carbon-Blanc et vice-président de Bordeaux Métropole en charge des déchets, précise : « Sur la durée de notre mandat, nous n'avons pas augmenté la taxe (Teom). Nous l'avons même baissée pour certains habitants de l'agglo afin d'égaliser les tarifs pour tous. » Le coût par habitant s'établit à 92 euros en 2025, contre 96 euros en 2020.
De plus, 32 millions d'euros sont consacrés à la modernisation du centre de tri de Bègles, et 23 millions d'euros à l'amélioration des rejets des incinérateurs de Bègles et Cenon, pour respecter les normes environnementales européennes.
La valorisation énergétique comme solution complémentaire
Les incinérateurs de Cenon et Bègles, gérés par Veolia, traitent respectivement 133 000 tonnes et 223 000 tonnes de déchets en 2024. Bien que ces installations produisent des résidus dangereux, la combustion est utilisée pour générer de l'énergie.
Christophe Aran, directeur des Unités industrielles de Veolia dans le Sud-Ouest, explique : « Cette valorisation permet d'alimenter en chauffage 13 000 foyers de la rive droite grâce à l'incinérateur de Cenon. Celui de Bègles fournit de l'électricité pour 27 000 foyers. Et nous avons réduit de 80 % nos émissions atmosphériques. »
Malgré une population en hausse de 130 000 habitants, la quantité totale de déchets brûlés a diminué de 42 000 tonnes en près de vingt ans.
Un objectif de réduction à portée de main
Les efforts combinés de recyclage, valorisation énergétique et compostage portent leurs fruits, mais la masse de déchets reste importante. Christine Bost rappelle : « Le meilleur déchet est celui que l'on ne produit pas. » L'objectif de réduire de 15 % les déchets d'ici 2030 par rapport à 2010 semble atteignable, avec une baisse cumulée déjà de 12,5 % en 2024.



