Saint-Tropez : 212 logements pour saisonniers inaugurés par Cheval Blanc et La Messardière
212 logements pour saisonniers à Saint-Tropez

Cheval Blanc (LVMH) et La Messardière (Lov Group) ont inauguré à Saint-Tropez un complexe de 212 logements destinés aux saisonniers, avec l'objectif à terme de maîtriser 100 % de leur parc locatif pour lever le frein sur l'embauche. Les travaux, commencés à l'hiver 2025 et achevés en mars 2026, ont donné naissance à deux bâtiments réunissant 108 appartements comprenant deux chambres individuelles et une salle de bain commune, des locaux partagés (cuisine, laverie, zone détente) et des bureaux pour l'administration des établissements.

Un projet lancé pour fidéliser le personnel

« J'ai encore du mal à croire qu'on y soit arrivé, mais on n'avait pas le choix. On a pris le risque de ne pas renouveler les baux que nous signons chaque année pour loger nos saisonniers dans le village », confie Olivier Raveyre, directeur général de Cheval Blanc. Les deux hôtels partagent la résidence à parts égales, permettant d'accueillir 212 saisonniers au total.

« Nous avons un très bon retour de tout le staff qui habite ce bâtiment. Cette année, ils viennent au travail avec grand plaisir. Ils se battent déjà pour garder leur chambre pour l'année prochaine ! », glisse en riant le directeur de La Messardière. Pour les deux entreprises, satisfaire ses salariés avec un service de qualité est un moyen de les convaincre de revenir l'année suivante.

Des services supplémentaires pour améliorer le quotidien

Outre des chambres neuves, la résidence offre des places de parking privées, une blanchisserie avec convoyeur pour les uniformes et des activités de cohésion organisées par l'établissement. « On a fait venir des prestataires pour organiser un atelier crêpe ou glaces artisanales par exemple. C'est important de favoriser les échanges et les rencontres. Pour certains, c'est leur première saison, ils n'ont ni famille ni ami ici », partage Anaïs Fereira, directrice des ressources humaines, qui travaille depuis son bureau sur site.

« On avait un peu peur d'être dans leur intimité. Finalement, ça désacralise notre fonction et facilite les échanges », confie-t-elle. Cette première étape amorce la politique d'acquisition des groupes, qui logent aujourd'hui tous leurs saisonniers en louant dans le village. Cette résidence leur permet de libérer la moitié de leurs baux, un investissement pour ne pas dépendre du marché immobilier tendu sur la commune.

Un projet de quatre ans avec des riverains consultés

Quatre ans auront été nécessaires pour venir à bout de ce programme. Dès le dépôt du permis de construire, le projet avait provoqué l'émotion dans le quartier. Des riverains avaient lancé une procédure judiciaire pour s'y opposer, abandonnée pour un accord à l'amiable. « Dès le début, on a voulu intégrer les voisins dans notre démarche. On a joué la carte de la transparence, on leur a montré les plans et on a pris en compte leur demande », développe Olivier Raveyre.

Pour répondre aux préoccupations sur le vis-à-vis et la tranquillité, tous les balcons donnant sur les propriétés attenantes ont été condamnés (l'Architecte des bâtiments de France voulant les conserver pour une harmonie esthétique) et une société de sécurité a été engagée pour veiller à l'ordre dans la résidence. La maire Sylvie Siri salue l'engagement des groupes dans la question de l'habitation, une avancée profitable pour la Ville qui a signé une convention d'objectif sur le logement avec l'État. La municipalité récupère aussi 1 755 m² de parkings devant la résidence, destinés au stationnement public pour environ 70 places, un avantage pour l'organisation des rencontres sportives au stade Marcel-Aubour.