Dans un rapport inédit, l'ONG Oxfam alerte sur les conséquences sanitaires du changement climatique, bien au-delà des simples canicules. Vagues de chaleur, orages violents, feux de forêt et prolifération d'espèces invasives comme le moustique tigre ont des effets souvent méconnus sur la santé. Cécile Duflot, directrice générale d'Oxfam France, parle d'une « fièvre qui monte » et appelle à un « plan grand chaud », équivalent du plan grand froid, pour faire face à une crise qui, conjuguée à celle du système de santé, mène « tout droit à la catastrophe ».
Des conséquences multiples et graves
Le rapport, coordonné par Robin Ehl, dresse un état des lieux alarmant : 5 398 décès par an en France entre 2017 et 2022 liés à la chaleur, et 5 722 en 2025. Mais les risques ne se limitent pas aux personnes âgées. Les fumées des feux de forêt, dix fois plus toxiques que les autres sources de pollution, causent 2 830 décès par an. La pollution de l'air dans son ensemble est responsable de 40 000 décès annuels et de 29 541 nouveaux cas d'asthme chez les enfants. La chaleur aggrave les pathologies : +26 % de naissances prématurées, +3,8 % d'AVC par degré supplémentaire, et une hausse de 70 % des hospitalisations pour insuffisance rénale aiguë lors des canicules.
Des inégalités face au climat
Le rapport souligne que les inégalités sociales se creusent : dans les dix départements les plus pauvres, la mortalité liée à la chaleur est 31 % plus élevée que dans les plus riches. Les infrastructures de santé sont mal adaptées : 37 % des hôpitaux, 29 % des Ehpad et 27 % des établissements pour personnes handicapées sont situés en zone inondable, et 58,5 % des bâtiments hospitaliers sont vétustes. À Perpignan, l'espérance de vie pourrait baisser de plus de deux mois d'ici 2050 à cause des vagues de chaleur.
Un appel à l'action
Oxfam estime le coût d'un plan d'action à 6,5 milliards d'euros par an, soit l'équivalent de 17 mois des bénéfices de TotalEnergies. Ce plan inclurait la rénovation des logements, la mobilité active et l'agroécologie. « Ne pas agir aujourd'hui, c'est comme ne pas répondre à la problématique des violences sexuelles envers les enfants », déclare Cécile Duflot, qui voit dans ce constat une « authentique claque ». Elle insiste : « On a une fenêtre de tir pour infléchir la tendance, elle se refermera rapidement. »



