Hiver 2025-2026 historique en France : pluies record et chaleur anormale
Hiver 2025-2026 : pluies record et chaleur anormale en France

Un hiver météorologique exceptionnel en France

L'hiver 2025-2026 s'est révélé particulièrement inédit sur le plan climatique en France, avec des caractéristiques qui le distinguent nettement des saisons précédentes. Le mois de février 2026 a notamment établi des records, tant au niveau des précipitations que des températures, selon les données communiquées par Météo-France.

Des records de pluie et de chaleur en février

Sur l'ensemble du mois de février dernier, l'excédent de pluie a atteint 100% par rapport aux normales saisonnières. Parallèlement, les températures ont été supérieures de 3,5°C aux moyennes de référence établies pour la période 1991-2020. Cette anomalie thermique place février 2026 au deuxième rang des mois de février les plus chauds enregistrés en France depuis 1900.

Météo-France souligne que ces normales interviennent dans un contexte climatique déjà réchauffé depuis la période préindustrielle 1850-1900, où l'augmentation des températures planétaires a commencé sous l'effet des émissions de gaz à effet de serre d'origine humaine.

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Un hiver globalement très doux

L'hiver météorologique complet, qui s'étend de décembre à fin février, se classe au quatrième rang des hivers les plus doux depuis 1900. Avec une anomalie thermique de +1,7°C, il se situe derrière les hivers 2019-2020, 2015-2016 et 2023-2024. Le prévisionniste national note que « la France connaît une série d'hivers consécutifs anormalement chauds depuis 2019 ».

La répartition de cette douceur a été inégale sur la saison : décembre a été très doux (+1,5°C), janvier est resté proche de la normale (+0,3°C) avec une brève séquence hivernale en début de mois, tandis que février s'est distingué par une chaleur « très anormalement élevée ».

Un fait remarquable : « il n'y a eu aucun jour sous la normale » en février, selon Météo-France. Le mois s'est même achevé dans une extrême douceur, avec des températures dépassant 20°C sur une large partie du territoire et atteignant plus de 25°C dans le Sud-Ouest.

Pluviométrie exceptionnelle et crues historiques

Concernant les précipitations, l'hiver 2025-2026 se classe au huitième rang des hivers les plus arrosés jamais enregistrés en France, avec un excédent de 35%. Les pluies abondantes du début d'année 2026, liées à « un défilé de perturbations et tempêtes » dont Goretti en janvier puis Nils et Pedro en février, ont été qualifiées d'« exceptionnelles, voire localement historiques ».

Ces épisodes pluvieux ne sont pas totalement inédits, puisqu'ils rappellent les débuts d'années 1995, 2014 ou 2016, marqués par des crues d'ampleur et des inondations importantes, particulièrement dans l'Ouest du pays. Les prévisionnistes rappellent cependant que les précipitures fluctuent naturellement beaucoup d'une année sur l'autre.

L'impact du changement climatique en question

Christine Berne, climatologue chez Météo-France, apporte des précisions importantes : « La succession de tempêtes telle que celle qu'on a connue cette année ne peut pas a priori être attribuée au changement climatique », même si des études approfondies sont encore en cours sur ce sujet spécifique.

La scientifique explique que « si on regarde notre historique des hivers depuis le début de nos mesures, on n'observe pas de tendance à l'augmentation des précipitations sur le pays ou de façon très, très faible » depuis les années 1950. Cependant, pour l'avenir, les modèles climatiques prévoient une « tendance à l'intensification des précipitations, mais pas à la fréquence des épisodes pluvieux ».

Projections pour l'avenir et conséquences observées

Selon la trajectoire de référence pour l'adaptation au changement climatique (Tracc), qui anticipe un réchauffement de 4°C en France d'ici 2100 par rapport à la période préindustrielle, « on peut s'attendre à des précipitations augmentant de l'ordre de 15% en moyenne à l'échelle de la France en saison hivernale ».

Les conséquences de cet hiver exceptionnel sont multiples :

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  • L'ensoleillement a été déficitaire de 5% sur l'ensemble de l'hiver et de près de 20% en février, malgré le retour du soleil en fin de mois.
  • L'enneigement a été « excédentaire et même record » sur certains massifs, avec des avalanches « d'ampleur exceptionnelle, jusqu'à des altitudes relativement basses ».
  • La France a connu 18 jours en vigilance rouge pour les crues cet hiver, « soit le record absolu depuis la création de la vigilance aux crues en 2006 ».
  • Au total, le pays a vécu 49 jours en vigilance crues de niveau orange ou rouge cet hiver, « soit plus de deux fois la moyenne historique des 20 années d'existence du service de la Vigilance aux crues ».

Sols saturés et risques futurs

À partir de février, les sols sont devenus saturés en eau et ont atteint des niveaux records en moyenne sur l'ensemble du territoire français. Cette saturation a entraîné des débordements de cours d'eau et des inondations majeures sur plusieurs bassins fluviaux, notamment la Garonne, la Maine, la Loire et la Charente.

Malgré cette humidité exceptionnelle, Météo-France met en garde : « le risque de sécheresse à l'été n'est pas écarté et dépendra de la pluviométrie et des températures printanières et estivales ». Cette situation illustre la complexité des phénomènes climatiques et leurs impacts variables selon les saisons.