L'Organisation météorologique mondiale (OMM), agence de l'ONU, a annoncé ce jeudi 6 octobre que le phénomène El Niño en cours dans le Pacifique tropical va encore s'intensifier jusqu'à atteindre un pic historique en décembre 2026, avant de persister jusqu'en février 2027. Selon le bulletin saisonnier sur le climat publié mensuellement par l'OMM, les températures de surface de la mer dans le centre et l'est du Pacifique tropical devraient atteindre des niveaux record en octobre, novembre et décembre, traduisant l'intensification de l'épisode.
Un épisode potentiellement sans précédent depuis 1950
L'épisode actuel, déclaré en juin, pourrait devenir le plus intense jamais enregistré, amplifiant les effets du changement climatique d'origine humaine. La secrétaire générale de l'OMM, Celeste Saulo, a déclaré dans un communiqué : « El Niño est bien établi et s'intensifie rapidement. Selon les prévisions de l'OMM, la probabilité qu'il persiste jusqu'en février 2027 est proche de 100 %, ce qui pourrait en faire l'un des épisodes les plus intenses depuis au moins 1950. »
Ce chiffre provient d'un consensus entre treize centres nationaux et internationaux, fondé sur l'échange en temps réel de données provenant de bouées océanographiques, de satellites et de radiosondes, coordonné par l'OMM.
Des températures record dans le Pacifique
Les températures à la surface de la mer dans la région « Niño 3.4 », une zone de référence dans le Pacifique, ont nettement augmenté ces derniers mois, passant d'une moyenne de +1,6 °C au-dessus de la normale en juin 2026 à +2,5 °C au-dessus de la normale en août. Pour les mois d'octobre, novembre et décembre, ce chiffre devrait atteindre environ +3,7 °C et culminer autour du mois de décembre. Il s'agirait du niveau le plus élevé depuis le début des observations, loin devant le précédent record (+2,6 °C) enregistré entre novembre 2015 et janvier 2016, relève l'OMM.
Un phénomène qui libère la chaleur océanique
« El Niño n'apporte pas de chaleur supplémentaire à la planète. Il libère la chaleur que l'océan a déjà emmagasinée sous la surface – c'est pourquoi un phénomène de forte intensité donne si souvent lieu à l'une des années les plus chaudes jamais enregistrées (comme en 2024) », a expliqué Mme Saulo. « L'océan où il puise cette chaleur est le plus chaud que nous ayons jamais observé. Il y a tout simplement davantage de chaleur prête à être libérée », a-t-elle ajouté.
El Niño est une variation naturelle du climat qui réchauffe les températures de surface dans le centre et l'est de l'océan Pacifique équatorial. Dans ses prévisions saisonnières sur le climat, l'OMM prend également en compte d'autres facteurs, comme les températures de surface de l'Atlantique tropical, qui devraient elles aussi rester supérieures à la normale.
Des conséquences déjà visibles
Ce phénomène devrait générer des températures supérieures à la moyenne sur une grande partie du globe et modifier les régimes de précipitations, augmentant ainsi les risques de sécheresse et d'inondations dans différentes régions. El Niño provoque déjà des conditions climatiques extrêmes : en Amérique centrale, une sécheresse provoque champs arides, récoltes en baisse et pertes de bétail. En Inde, de fortes pluies sont observées. L'OMM souligne que cet épisode pourrait devenir le plus intense depuis 1950, avec des conséquences majeures pour les populations et les écosystèmes.