Canicule : les cinq phases du deuil d'un été doux
Canicule : les cinq phases du deuil d'un été doux

Avec sa chaleur écrasante, la canicule charrie le deuil d’un été doux. S’installe alors un processus psychique que j’observe chaque année chez moi comme chez mes congénères : le déploiement des cinq étapes psychologiques de la canicule. Et vous, où en êtes-vous ?

Phase 1. Le déni

Je porte un jean, une veste et des chaussures fermées pour sortir de chez moi. J’accepte des rendez-vous qui nécessitent 45 minutes de transport en commun non climatisé. Je commande un plat chaud pimenté au restaurant. Je dis : « Oui, bien sûr, je peux aller arroser tes plantes au se… »

Cette phase est caractérisée par le refus de reconnaître la réalité de la canicule. On continue à agir comme si de rien n'était, en ignorant les signaux d'alarme de notre corps et de l'environnement. C'est une forme de protection psychologique temporaire.

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Phase 2. La colère

Puis vient la colère. Pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ? On s'emporte contre la météo, contre les climatiseurs en panne, contre ceux qui minimisent la situation. On fulmine contre les transports en commun sans climatisation, contre les collègues qui règlent la clim à 16°C quand on gèle. La chaleur devient une injustice personnelle.

Phase 3. Le marchandage

On tente de négocier avec la canicule. « Si je reste à l'ombre jusqu'à 18h, peut-être qu'il fera moins chaud demain ? » On cherche des solutions magiques : un ventilateur supplémentaire, des douches froides toutes les heures, des astuces de grand-mère. On promet de ne plus jamais se plaindre de l'hiver si seulement la chaleur pouvait retomber un peu.

Phase 4. La tristesse

La tristesse s'installe quand on réalise que l'été doux est bel et bien perdu. On regrette les soirées fraîches, l'air respirable, la possibilité de faire du sport sans suffoquer. Une certaine mélancolie nous envahit, celle de voir la saison estivale transformée en épreuve. On pleure presque sur les glaces qui fondent avant même d'être dégustées.

Phase 5. L'acceptation

Enfin, on accepte. On troque le jean contre un short, on investit dans un brumisateur, on réorganise son emploi du temps en fonction des heures les moins chaudes. On apprend à cohabiter avec la canicule, à ralentir, à s'adapter. L'été doux n'est plus qu'un souvenir, mais on trouve une forme de résilience. On se dit que l'automne finira bien par arriver.

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