À La Trinité, l'été ressemble pour les habitants à un « calvaire thermique », selon l'enquête participative de Nice-Matin. Plus de 70 % des 52 répondants évaluent l'inconfort lié à la chaleur à 7 ou plus sur 10, et un quart lui attribue la note maximale de 10, synonyme d'atmosphère « insupportable ». Cette chaleur paralyse la vie locale et pénalise les commerçants : 85 % des personnes interrogées sont dissuadées de fréquenter le centre-ville en journée, que ce soit systématiquement (40 %) ou lors des pics de canicule (45 %).
Des zones précises identifiées comme de véritables fournaises
L'enquête participative désigne clairement les zones les plus dures à supporter. Le boulevard François-Suarez est cité par près d'un tiers des répondants comme la principale fournaise de la commune. Juste derrière, la zone commerciale d'Auchan concentre 15 % des plaintes, suivie par la toute nouvelle salle de La Stella. Les habitants déplorent « le manque d'ombre » et « le tout-béton ». Michel, résident de la commune, propose de « transformer la couverture goudronnée du Laghet en mini-coulée verte ».
Des contradictions entre aspirations et contraintes
Si deux tiers des Trinitaires estiment que planter des arbres d'alignement pour créer de l'ombre doit être la priorité absolue, les solutions concrètes révèlent des contradictions. Pour planter des arbres, faut-il sacrifier des places de parking ? La réponse est un « non » catégorique pour la moitié des personnes interrogées, pour qui « se garer est déjà trop difficile ». De même, 70 % jugent impossible de restreindre la circulation, affirmant que « la voiture reste indispensable dans la vallée du Paillon ».
Isabelle, habitante de La Trinité, indique : « Il faut revoir les plans de circulation sur l'ensemble du centre-ville. Il est inadapté, crée des bouchons et la mobilité de toute la vallée du Paillon est impactée. Les usagers grillent dans leurs voitures matin et soir. »
Des solutions alternatives accueillies avec scepticisme
Face à la chaleur, d'autres solutions sont accueillies avec scepticisme. Amener de l'eau en ville (brumisateurs, fontaines) est rejeté par la majorité : plus de la moitié estime que ce n'est pas une priorité face au risque de « gaspillage de l'eau ». De même, les voiles d'ombrage ne séduisent pas : plus de la moitié leur préfère l'ombre naturelle des arbres.
Pour Jean-Luc, les voilages méritent pourtant d'être défendus : « Les voilages sont d'un rapport coût bénéfice sans égale. » Le Trinitaire poursuit sa réflexion sur la ville de demain : « Si on doit utiliser un transport en commun, il faut du stationnement longue durée. La Trinité ce n'est pas seulement le centre-ville, il y a énormément d'habitats en hauteur. »
Une anticipation municipale jugée sévèrement
85 % des répondants jugent sévèrement l'anticipation municipale face à l'urgence climatique : un tiers dénonce le « tout-béton », un tiers estime que la commune a pris du retard, et un quart pensent que l'action est trop lente. Pour Odile, habitante de La Trinité, le message est direct : « Plus d'arbres et plus de terrains végétalisés. » Un avis partagé par Alain, habitant de la commune, qui réclame « plus de verdure et d'arbres, mais des essences qui consomment moins d'eau ».
Enfin, Julia, jeune résidente, interpelle la mairie : « Plus de végétation, pas d'arbres en pot et surtout un parc pour enfants avec des jeux d'eau et pas en plein soleil comme le jardin en face de l'école Victor-Asso qui est inutilisable. » La municipalité est prévenue : pour rafraîchir La Trinité, il faudra planter, désimperméabiliser et surtout, mener une concertation pour concilier transition écologique et contrainte de stationnement des habitants.
Le maire (MRC), Ladislas Polski, répondra à ces défis dans une prochaine interview. L'enquête a été réalisée auprès de 52 personnes, avec un panel composé à 72 % de personnes de 50 ans et plus (45 % de 65 ans et plus, 27 % de 50-64 ans), et seulement 15 % de 35-49 ans et 13 % de 25-34 ans. Aucun répondant de moins de 25 ans n'a participé. Les participants fréquentent le centre-ville principalement pour les achats dans les commerces de proximité et au marché (65 %) ou parce qu'ils y résident (55 %), tandis que les terrasses, restaurants et activités de loisirs attirent 25 % des sondés, tout comme les démarches administratives (25 %), et seuls 18 % s'y rendent pour leur travail.



