Quatre-vingts départements français sont placés en vigilance orange canicule jusqu'à vendredi soir, a annoncé Météo-France ce jeudi 13 août. Face à cette situation exceptionnelle, la ministre de l'Agriculture a annoncé qu'elle réunira un comité sécheresse le 27 août afin de coordonner la réponse des pouvoirs publics.
Une vigilance orange étendue sur une large partie du territoire
Selon Météo-France, cette vigilance orange concerne la quasi-totalité du pays, à l'exception de quelques départements du littoral atlantique et de la façade méditerranéenne. Les températures maximales devraient atteindre 38 à 40 degrés Celsius dans de nombreuses régions, avec des pointes possibles à 42 degrés dans le sud-ouest. Les minimales nocturnes ne descendront pas sous 20 degrés, offrant peu de répit aux populations.
Cette vague de chaleur, la troisième de l'été, survient après un mois de juillet déjà marqué par des épisodes caniculaires. Les services de l'État appellent à la plus grande vigilance, notamment pour les personnes âgées, les enfants et les travailleurs exposés à la chaleur. Les préfectures ont activé des numéros verts et multiplient les recommandations d'hydratation et de limitation des activités physiques.
Un comité sécheresse pour anticiper les conséquences agricoles
La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a indiqué qu'elle réunira un comité sécheresse le 27 août prochain. Ce comité, qui associera les représentants des filières agricoles, les services de l'État et les chambres d'agriculture, devra faire un point précis sur l'état des cultures et de l'élevage. Selon les premières estimations, les rendements des céréales d'hiver pourraient baisser de 15 % par rapport à la moyenne quinquennale, et les éleveurs s'inquiètent de la pénurie de fourrage.
Le ministère de l'Agriculture rappelle que des dispositifs d'indemnisation existent, notamment via le régime des calamités agricoles, mais que leur activation dépendra des constats effectués par les commissions départementales. La ministre a également évoqué la possibilité de débloquer des aides exceptionnelles pour les éleveurs les plus touchés, en particulier dans les zones où les pâturages sont déjà secs.
Des restrictions d'eau déjà en vigueur dans de nombreux départements
En parallèle, les préfets ont pris des arrêtés de restriction d'eau dans plus de 60 départements. Les mesures vont de l'interdiction d'arroser les pelouses et de laver les voitures à des limitations plus strictes pour les prélèvements agricoles, notamment dans les bassins versants les plus critiques. Selon le site Propluvia, les niveaux des nappes phréatiques sont en baisse dans la plupart des régions, avec des déficits de remplissage atteignant 30 % en moyenne.
Le ministère de la Transition écologique a souligné que la situation est comparable à celle de 2022, année de sécheresse historique, mais que la gestion anticipée a permis d'éviter des coupures d'eau potable. Toutefois, les collectivités locales sont appelées à surveiller les réseaux et à réparer les fuites, qui représentent en moyenne 20 % de l'eau distribuée.
Un impact sanitaire et économique à surveiller
Les autorités sanitaires ont recensé depuis le début de la semaine plusieurs dizaines de passages aux urgences liés à la chaleur, sans toutefois faire état de décès directs. Les hôpitaux ont activé leurs plans de gestion de crise, et des équipes mobiles de gériatrie sont déployées auprès des personnes isolées. Les entreprises de BTP et les agriculteurs sont invités à adapter leurs horaires de travail, et des dérogations sont prévues pour le travail de nuit.
La canicule devrait se poursuivre au moins jusqu'à vendredi soir, selon les prévisions de Météo-France, avant une dégradation orageuse attendue dans le courant du week-end. Le comité sécheresse du 27 août devra ensuite définir les mesures d'accompagnement pour les semaines à venir, en fonction de l'évolution des précipitations et des besoins des exploitations. Les filières agricoles espèrent des annonces concrètes pour atténuer les pertes économiques, qui pourraient dépasser plusieurs centaines de millions d'euros si la sécheresse persiste.



