Tempête Nils : un chaos historique en Occitanie
La tempête Nils a déferlé sur le Languedoc-Roussillon ce jeudi 13 février 2026, semant la désolation avec des vents atteignant des records de 180 km/h. Les départements de l'Aude, de l'Hérault et des Pyrénées-Orientales ont été placés en vigilance rouge par Météo France dès 6 heures du matin, préfigurant une journée de perturbations majeures.
Rafales destructrices et records de vent
Si le record absolu de la tempête Klaus (191 km/h à Port-Vendres en 2009) n'a pas été battu, la station de Caixas a tout de même enregistré des rafales à 180 km/h à 9h48. Ces vents violents ont balayé la région des Pyrénées-Orientales jusqu'au Gard, avec une intensité particulière dans l'Aude où les autorités avaient pris la sage décision de fermer toutes les écoles pour la journée.
Bilan routier alarmant et accidents multiples
Le préfet de l'Aude, Alain Bucquet, a fait état en début d'après-midi de neuf accidents de la route ayant causé six blessés, dont trois en « urgence absolue ». Malgré l'interdiction de circuler sur l'autoroute A9 entre Nîmes et la frontière espagnole, certains poids-lourds ont tenté leur chance, finissant sur le flanc poussés par la force du vent, comme à Leucate. Dans l'Hérault, un conducteur a été percuté par une branche d'arbre à hauteur de Lespignan.
Infrastructures paralysées et routes coupées
L'autoroute et de nombreux axes secondaires ont été coupés à plusieurs endroits par des arbres déracinés. La préfecture des Pyrénées-Orientales a recensé une vingtaine de routes départementales momentanément barrées, celle de l'Aude en a comptabilisé 48, et les gendarmes de l'Hérault sont intervenus « une centaine de reprises » pour le même motif. La circulation ferroviaire a également été fortement perturbée, particulièrement autour de Narbonne.
Des milliers d'arbres à terre et dégâts matériels
Le site Météo Languedoc évoque « probablement des milliers d'arbres déracinés sur la région ». Des arbres centenaires sont tombés sur des habitations et des véhicules, causant d'importants dégâts matériels. L'Office national des forêts avait pourtant prévenu la veille du risque accru de chutes d'arbres après les fortes précipitations des semaines précédentes.
Dégâts spectaculaires sur les infrastructures
À Sète, une grue de 600 tonnes s'est abattue sur un cargo céréalier sous l'effet de vents à 108 km/h. À Perpignan, les poteaux du stade de rugby Aimé-Giral ont été couchés à deux jours d'un match crucial. Près de Pollestres, le toit de la cave coopérative Laure de Nyls s'est tout simplement envolé. Partout dans la région, tuiles arrachées et poteaux électriques pliés ont complété le tableau de désolation.
Coupures d'électricité massives et réseau téléphonique affecté
Enedis a signalé à midi des coupures affectant 30 000 clients dans les Pyrénées-Orientales, 37 000 dans l'Aude, 45 000 dans l'Hérault et 6 000 dans le Gard. Le réseau téléphonique n'a pas été épargné, avec environ 180 sites de téléphonie mobile hors service. Techniciens d'Enedis et d'Orange ont été mobilisés toute la journée pour rétablir les services.
Déplacement vers l'Est et premiers bilans
Heureusement, vers 16 heures, la tempête s'est décalée vers l'Est, soufflant désormais principalement sur la Méditerranée et la Corse, permettant de lever la vigilance orange. L'heure est maintenant au bilan, qui s'annonce lourd. À Capestang, l'école primaire a été particulièrement endommagée. Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, a promis avant le vote du budget 2026 que « la Région participera à la réparation des dégâts causés par ces intempéries ».
Les autorités restent vigilantes quant à la montée des eaux dans certaines rivières de l'Aveyron et de la Haute-Garonne, tandis que le souvenir de la tempête Klaus de 2009, dont les dégâts avaient été évalués à 1,68 milliard d'euros, plane sur cette nouvelle catastrophe naturelle.



