Tempête Nils : Une situation d'urgence dans le département
Le département a été sévèrement touché par le passage de la tempête Nils, avec des vents violents atteignant jusqu'à 120 km/h qui ont causé des dégâts considérables. Alors que la menace des crues persiste, les autorités doivent d'abord gérer les conséquences immédiates des intempéries.
Des infrastructures gravement affectées
Le préfet Bruno André a tenu un point presse jeudi à 18 heures, après s'être rendu dans le Marmandais et le Tonneinquais. Il a souligné que les vents, bien qu'en diminution, ont encore provoqué des rafales à 90 km/h ce jeudi, entraînant la chute d'arbres qui ont bloqué environ 180 routes. Heureusement, seuls des accidents matériels ont été constatés jusqu'à présent.
Le transport ferroviaire est particulièrement impacté : les lignes Bordeaux-Toulouse et Agen-Périgueux restent interrompues. Le préfet a également alerté sur la situation des passages à niveau, dont les barrières tombent les unes après les autres en raison de batteries épuisées, nécessitant l'installation de déviations temporaires.
Des coupures massives d'électricité et de téléphonie
La situation énergétique est critique : 60 000 foyers étaient encore privés d'électricité jeudi en fin d'après-midi, sur un total de 70 000 touchés par ces coupures. L'urgence est de dégager les routes pour permettre à Enedis de restaurer son réseau, avec des techniciens attendus en renfort vendredi.
Ces perturbations touchent l'ensemble du département et provoquent également des ruptures d'approvisionnement en eau potable. Parallèlement, 73 000 usagers n'avaient plus accès à la téléphonie mobile jeudi, en raison de problèmes électriques ou de pylônes endommagés par les vents violents.
Une mobilisation importante des secours
Le Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) a dû intervenir pour dégager de nombreux arbres tombés sur la voie publique. Au plus fort de l'événement, 150 sapeurs-pompiers étaient engagés sur le terrain, avec 300 à 400 collègues disponibles en renfort.
Des renforts supplémentaires ont été accordés, dont des « groupes tempête » qui devaient arriver jeudi soir de Libourne, de la Vienne et de la Haute-Vienne, représentant environ 70 pompiers supplémentaires.
La menace persistante des crues
Alors que le département tente de se relever des dégâts causés par le vent, la menace des inondations reste bien réelle. Jeudi à 17 heures, les hauteurs d'eau étaient déjà significatives :
- 7,03 m à Agen
- 9,05 m à Tonneins
- 8,55 m à Marmande
- 3,65 m à Villeneuve-sur-Lot
Bruno André a prévenu : « Il est fort possible, voire très probable, que l'eau monte encore vendredi et samedi ». Bien que la montée devrait être moins violente et rapide, les précipitations continues et les pluies en amont maintiennent la vigilance.
Préparation à de nouveaux débordements
Les gendarmes poursuivent leur travail de reconnaissance pour éviter le chaos sur les routes. Le colonel Peruch a précisé : « Cette nuit nous serons aussi engagés dans des missions de surveillance et de sécurisation. Nous nous tenons prêts pour un rebond de l'épisode inondation. »
Le préfet a confirmé ces craintes : « Ça va encore monter vendredi et samedi, avec une cinétique plus lente et dont on espère qu'elle ne sera pas trop haute. Tout va dépendre de ce qu'il va se passer d'un point de vue météorologique. »
Face à cette situation complexe, Bruno André a finalement reporté un rendez-vous avec l'ensemble des syndicats agricoles de vendredi à lundi, afin de pouvoir évoquer avec eux la situation dans des conditions plus appropriées.