Tempête Nils : quatre jours de panne électrique en Gironde
Neuf communes girondines étaient toujours privées d'électricité dimanche 15 février au matin, quatre jours après le passage dévastateur de la tempête Nils dans la nuit du mercredi 11 au jeudi 12 février. Ces localités faisaient l'objet d'une attention particulière des autorités avant un rétablissement partiel du courant en soirée.
Villenave-de-Rions : un village plongé dans le noir
Le bruit assourdissant des groupes électrogènes et les volets obstinément clos des maisons de Villenave-de-Rions témoignaient encore, ce dimanche 15 février, de la situation critique vécue par ce village du Sud-Gironde. Épargné par les inondations, il était pourtant coupé du réseau électrique depuis le mercredi 11 février au soir, subissant de plein fouet les conséquences de la tempête Nils.
« En début de soirée, elles bénéficient toutes soit d'un raccordement partiel au réseau, soit d'un point d'alimentation électrique par groupe électrogène », a précisé la préfecture dans un communiqué, alors que 15 000 foyers restaient encore privés de courant dans la région.
La débrouille au quotidien pour 360 habitants
Plusieurs des 360 habitants ont déserté le village dès jeudi pour se réfugier chez des amis ou de la famille. Ceux qui sont restés ont dû faire preuve d'une ingéniosité remarquable pour assurer les gestes du quotidien pendant ces quatre longues journées.
Jean-Marc Subervie, le maire de Villenave-de-Rions, a effectué une tournée complète de la commune vendredi pour s'entretenir avec ses administrés et évaluer les dégâts. « Quand on voit des villages inondés… Notre seul problème ici est le manque d'électricité », a-t-il relativisé, tout en constatant les dommages dès jeudi matin.
Avec l'aide de certains habitants, le maire a même participé aux opérations de secours en « mettant en hauteur les câbles à moyenne tension qui obstruaient une route communale ».
Des solutions de fortune et des solidarités à géométrie variable
Étienne Candela, 64 ans, a dû composer avec cette panne prolongée, alors que le retour de l'électricité était initialement annoncé pour lundi ou mardi seulement. Sans groupe électrogène, il a opté pour la débrouille la plus basique : « J'ai installé des réchauds à l'intérieur de la maison », confie-t-il, décrivant une situation de camping forcé dans son propre logement où « il fait plus froid à l'intérieur qu'à l'extérieur ! ».
Pour échapper à cette atmosphère glaciale, il multiplie les sorties : courses, match de l'UBB, séances à la piscine de Langon pour prendre une douche chaude. Il avoue même avoir « fait des tours en voiture pour charger mon téléphone ». Cet habitant déplore un certain isolement, notant un « manque d'initiative commune » et se sentant peu épaulé par la municipalité ou ses voisins.
Jean-Jacques Suils, son voisin d'en face, partage ce constat, regrettant que la « salle des fêtes n'ait pas été ouverte » par la mairie pour offrir un lieu de rassemblement chauffé. Le maire rétorque que « sans électricité, cela ne servirait à rien d'ouvrir la mairie et la salle des fêtes », justifiant également l'annulation de la fête des aînés prévue dimanche midi, le traiteur étant dans l'impossibilité de travailler.
Les groupes électrogènes, une solution coûteuse
Certains habitants ont pu compter sur des solutions plus confortables, comme Thierry Victoria, un électricien de 45 ans qui a partagé un groupe électrogène avec ses parents et un couple de personnes âgées. Mais cette solution a un prix : « Nous le mettons en route quelques heures par jour », explique-t-il, car l'essence représente « une quarantaine d'euros par jour ».
Cette situation exceptionnelle a profondément modifié les rythmes de vie. Thierry Victoria témoigne : « À 21 heures, on allume les bougies et on va se coucher ! », illustrant comment quatre jours sans électricité ont ramené le village à des habitudes d'un autre temps, dans l'attente impatiente du retour définitif du courant.



