Un projet municipal qui divise à Nice
À Nice, le tunnel de la rue du Congrès, actuellement réservé aux cyclistes et aux modes de transport doux, pourrait prochainement être rouvert à la circulation automobile. Cette perspective, évoquée par Laurent Merengone, adjoint au maire délégué à la Circulation et au Stationnement, relance un débat houleux sur l'aménagement urbain et la place de la voiture en centre-ville.
Une promesse de campagne controversée
Laurent Merengone a récemment rappelé sur BFM Nice une promesse de campagne d'Éric Ciotti, candidat de l'Union des droites devenu maire. « Rouvrir le mini-tunnel aux automobilistes pour supprimer les bouchons rue de la Buffa », avait déclaré ce dernier. L'élu municipal a estimé que cet aménagement cyclable « pose problème » dans une zone à « densité de circulation », appelant à trouver « un juste équilibre ».
L'opposition ferme de l'association Nice à Vélo
Face à cette annonce, l'association Nice à Vélo, représentée par Antonio Barros, monte au créneau. « Ce tunnel transporte 900 personnes par jour et 1.000 l'été. C'est l'équivalent de 700 voitures ou 8 bus à haut niveau de service remplis », argumente-t-il. Pour lui, revenir sur un aménagement qui fonctionne est incompréhensible.
L'association a lancé une pétition sur la plateforme Greenvoice, qui a recueilli plus de 2 300 signatures en quelques jours, démontrant un fort soutien citoyen. Antonio Barros craint qu'une réouverture aux voitures ne crée un appel d'air, augmentant les nuisances sonores et la pollution atmosphérique.
Des arguments historiques et environnementaux
Lors de l'inauguration du tunnel en mars 2020, l'ancien maire Christian Estrosi justifiait cet aménagement par un trafic automobile « peu élevé », estimé à 3 800 véhicules par jour, pouvant être reporté sur la voirie de surface. Aujourd'hui, Nice à Vélo souligne également que 51 % des ménages du centre-ville n'ont pas de voiture, selon une enquête du Cerema.
« La majorité des automobilistes qui passent par là ne font que traverser la ville. Ils ne vivent pas dans le quartier ou ne s'arrêtent pas chez les commerçants », commente Antonio Barros, plaidant pour une mobilité apaisée au bénéfice des résidents.
Un dialogue en cours mais des incertitudes persistantes
Interrogé sur les craintes liées au changement de municipalité, Antonio Barros indique avoir rencontré Jean-Marc Governatori, adjoint à l'Environnement. « Il nous a rassurés sur le fait qu'Éric Ciotti est ouvert au dialogue », rapporte-t-il. Cependant, la mairie n'a pas souhaité confirmer ou nuancer les propos de Laurent Merengone, laissant planer le doute sur la concrétisation de ce projet.
Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer si Nice privilégiera la fluidité automobile ou la préservation d'un axe dédié à la mobilité douce, dans un contexte où les enjeux environnementaux et de qualité de vie sont au cœur des préoccupations urbaines.



