Inondations à Sainte-Terre : la Dordogne en crue atteint son pic, 24 habitants évacués
Inondations à Sainte-Terre : pic de crue et évacuations

Inondations à Sainte-Terre : la Dordogne en crue atteint son pic, 24 habitants évacués

En bord de Dordogne, la commune de Sainte-Terre, située dans le Libournais en Gironde, est l'une des plus touchées par la montée des eaux, qui a atteint son pic samedi 14 février en fin de journée. Avec environ 2 000 habitants, cette cité girondine a vécu sa journée la plus délicate, nécessitant l'évacuation de 24 administrés, trois chiens et des poules, transportés dans les tracteurs d'agriculteurs ou les bateaux de pêcheurs professionnels.

Une crue historique comparable à 1982 et 1993-1994

De mémoire sainte-terroise, les inondations actuelles égalent celles de 1982 et flirtent avec celles de l'hiver 1993-1994. « On n'y était pas encore mais on s'en est approché », confie un habitant en cuissardes, regagnant la maison de son arrière-grand-mère ayant connu la terrible crue de 1944. La situation reste préoccupante, avec des eaux qui ont chatouillé des niveaux encore plus élevés samedi.

Mobilisation communale et solidarité locale

Sainte-Terre a déclenché son Plan communal de sauvegarde (PCS) dès jeudi 12 février. À la mairie, les élus étaient toujours sur le pont ce dimanche matin après « 12 litres de café », des nuits courtes et des journées bien longues. La maire Agnès Alfonso-Chariol souligne l'importance d'un exercice de mise en situation proposé par le Département il y a deux ans, qui a bien aidé à la formation. Dans le bureau de l'édile, de grands tableaux listent les quartiers les plus touchés et les personnes fragiles nécessitant des transports par tracteur ou bateau.

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La solidarité s'est mise en branle dans cette communauté où quasiment tout le monde se connaît :

  • Un maraîcher a fourni des légumes pour la soupe du midi.
  • Les mairies voisines ont prêté des panneaux de circulation pour interdire l'accès à une vingtaine de routes sous l'eau.
  • Un gîte de Saint-Émilion a ouvert ses portes à des sinistrés.
  • Les pêcheurs professionnels et agriculteurs ont offert des moyens que les services techniques n'avaient pas, selon Antoine Cante, pompier et troisième adjoint à la mairie.

Évacuations et hébergement d'urgence

À la Broucaud, cinq habitants et un bébé de neuf mois ont été évacués en tracteur. « L'eau est montée dangereusement », raconte Angélique, la maman. « Nous étions en lien avec la mairie qui nous a proposé de partir. Avec la petite, on s'est mises à l'avant pendant que mon mari et les voisins ont été transportés dans la benne. » La petite famille a dormi chez des proches.

Un hébergement d'urgence avait été monté par la Croix-Rouge et la collectivité, pouvant abriter une vingtaine de couchages dans une salle municipale, bien qu'il n'ait finalement pas servi. Ce dimanche, le suivi des débordements restait d'actualité, avec notamment l'organisation d'une nouvelle évacuation pour une enfant diabétique devant être conduite à l'hôpital de Libourne.

Vigilance maintenue pour les prochains jours

Pour les prochains jours, la vigilance reste de mise en raison d'une météo toujours très capricieuse et d'éventuels lâchers d'eau sur les barrages en amont. Le début de semaine promet d'être toujours préoccupant, avec des risques persistants liés aux inondations. Les autorités locales continuent de monitorer la situation de près, prêtes à réagir rapidement si nécessaire.

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