Depuis les crues meurtrières du 3 octobre 2015, qui avaient coûté la vie à 20 personnes à l'ouest du département, 58 millions d'euros ont été investis sur le territoire de l'agglomération Cannes Lérins pour réduire le risque d'inondation. Alors que le chantier du bassin de rétention de Carimaï vient de débuter, plusieurs opérations majeures sont encore programmées.
Un engagement né du drame d'octobre 2015
Il y a quelques jours, au campus Georges-Méliès de Cannes, David Lisnard a réuni les maires de l'agglomération Cannes Pays de Lérins pour faire le point sur les actions menées contre les inondations, onze ans après les crues du 3 octobre 2015. « De ce drame est né un engagement, celui de ne plus subir ce type de phénomène avec autant de conséquences humaines et matérielles », a rappelé le maire de Cannes et président de la CACPL. « Il y aura d'autres inondations, c'est inévitable. Notre rôle est d'en réduire l'impact », a-t-il ajouté.
Depuis 2016, 58 millions d'euros ont été investis dans des travaux de réparation et des aménagements structurants. Une grande partie des opérations s'inscrit dans le PAPI Cannes Lérins, le Programme d'actions de prévention des inondations. Signé en 2021, il prévoyait initialement près de 57 millions d'euros pour la période 2021-2026. Il doit désormais être prolongé jusqu'en 2029 et porté à 77,62 millions d'euros, notamment en raison de la réévaluation de plusieurs opérations et de l'augmentation du coût des travaux. À plus long terme, l'ambition affichée atteint 145 millions d'euros sur dix-huit ans.
Des aménagements visibles sur tout le territoire
Une partie de ces travaux est désormais bien visible. À Cannes, la première tranche de la Frayère a été achevée en 2024 : sur 400 mètres, entre l'avenue des Buissons-Ardents et le Pont-Neuf, le cours d'eau a été élargi jusqu'à 21 mètres pour pouvoir absorber une crue centennale sans déborder. Un bassin de rétention de 3 500 m³ a également été aménagé impasse Nouvelle.
Partout sur le territoire, les travaux sont spectaculaires : à Mandelieu-La Napoule, le bassin de la Théoulière peut désormais retenir 14 000 m³ d'eau et le vallon a été élargi sous l'A8. Au Cannet, un bassin de 3 000 m³ a été créé à la Palestre. À Mougins, le vallon de la Plaine a été restauré sur près d'un kilomètre, tandis que celui de l'Eco Parc a été recalibré.
Le bassin de Carimaï entre dans une nouvelle phase
Mais le programme est encore loin d'être achevé. À Carimaï, entre Cannes et Le Cannet, il entre même dans une nouvelle phase. Le hameau avait été durement touché lors des inondations du 3 octobre 2015. Une habitante avait trouvé la mort, emportée par les eaux. Depuis, les habitations ont été progressivement acquises puis rasées pour laisser place à un bassin de rétention, dont les travaux ont débuté il y a quelques jours. D'une capacité de 70 000 m³, il doit permettre de retenir temporairement une partie des eaux lors des fortes pluies et ainsi ralentir la crue. L'investissement s'élève à 9 millions d'euros - dont la moitié financée par l'État - pour un chantier qui doit se poursuivre jusqu'en 2028.
Les gros chantiers à venir
Prochaines étapes, le recalibrage de la Frayère qui doit se poursuivre sur 600 mètres supplémentaires entre le pont Amador-Lopez et l'avenue Francis-Tonner, pour 11 millions d'euros. À Mandelieu-La Napoule, 2028 doit également marquer le début des travaux à Minelle, dont la première phase est estimée à 15 millions d'euros, ainsi qu'aux Barnières, où un ouvrage capable de retenir 370 000 m³ doit limiter les débordements du Riou de l'Argentière.
À Cannes, République fait également partie des secteurs sur lesquels les travaux restent à mener. Le quartier, régulièrement touché lors des épisodes pluvieux importants, concentre à lui seul 14 millions d'euros d'aménagements prévus. Deux bassins de stockage d'environ 4 000 m³ chacun doivent être créés au Commandant-Maria et à Aubanel, et quatre points noirs du vallon de la Foux doivent être recalibrés.