Près de 98.000 hectares sont partis en fumée en France hexagonale depuis l'été 2026, à la suite de 21.000 départs de feu. Ce bilan, révélé jeudi par l'Office national des forêts (ONF), représente un niveau cinq fois supérieur à la moyenne des 20 dernières années et un record depuis 1976. Juliette Faivre, directrice de l'agence ONF Île-de-France Est, a qualifié cette situation d'« exceptionnelle », tout en précisant que 97 % des départs de feu sont éteints avant d'avoir parcouru 10 hectares.
Un bilan qui concerne surtout la forêt
Sur la seule surface forestière, 76.000 hectares ont effectivement brûlé cette année, ce qui constitue un record depuis le début des statistiques précises en 1973. Christophe Chantepy, expert à l'ONF dans la défense des forêts contre les incendies, a indiqué à l'AFP que la moyenne annuelle sur les 20 dernières années s'établit à 12.700 hectares. Le précédent record de surfaces forestières brûlées datait de 1976, avec au moins 80.000 hectares. Pour le total des « surfaces végétales » brûlées, incluant forêts, milieux naturels et zones agricoles, 1976 reste pour l'instant en tête avec un peu plus de 100.000 hectares.
Ce bilan, qui devrait être affiné dans les prochaines semaines, comprend les feux de forêt ainsi que les surfaces agricoles et les espaces naturels. Les données sont collectées de manière précise depuis 1973.
Des stigmates visibles à Fontainebleau
Dans la forêt de Fontainebleau, en Seine-et-Marne, les zones sinistrées montrent encore un décor en noir et vert : des pousses d'herbes et des fougères commencent à surgir du sol noirci, entourées de troncs partiellement recouverts de suie. « Ce sont les pluies du mois d'août qui ont redonné de la vie », explique Alexandre Butin, responsable à l'ONF, tandis qu'une abatteuse couche au sol les arbres condamnés qui peuvent encore avoir une valeur commerciale. Ce massif a perdu environ 2.000 hectares dans les flammes cet été.
Après les incendies, les forêts touchées restent très sensibles aux pathogènes, d'autant plus lorsqu'elles sont fragilisées par la sécheresse. Selon l'ONF, il faudra 50 à 60 ans pour retrouver des arbres à la hauteur de ceux qui ont été brûlés. La responsable de l'agence ONF Île-de-France Est s'exprimait devant des journalistes dans cette forêt emblématique.