Crues de la Garonne : trois mois après, les sinistrés de Coussan toujours en attente
Crues de la Garonne : l'attente des sinistrés à Coussan

Les crues de la Garonne : un traumatisme persistant à Coussan

Dans le quartier de Coussan, les semaines ont passé mais les dégâts causés par les débordements de la Garonne en février dernier ne sont pas encore réparés. Entre l'attente des indemnisations et les travaux, les crues préoccupent toujours les habitants au quotidien. « Dès que je suis à la maison, j'ouvre les fenêtres, j'ai de la moisissure dans les placards de la cuisine », témoigne Steeve Royer, dont l'habitation rue du Bac a été submergée par près d'un mètre d'eau lors de la crue qui a atteint 10,33 mètres et duré dix jours.

Trois mois plus tard, la vie du père de famille a repris son cours, mais l'épisode n'est pas encore du passé. Locataire depuis 2021 à Marmande, il a pu remplacer les meubles perdus, dont un réfrigérateur et une machine à laver noyés, mais les murs en placo attendent encore d'être rénovés. « Les experts sont passés, le dossier est encore en attente chez l'assurance de mon propriétaire », explique le mécanicien originaire de la région parisienne.

Une vie en chantier

À une rue de là, Benoît André et Illan Fajardo attendent impatiemment d'être indemnisés. Depuis sept ans, le couple rénove leur maison, leur « nid », deux fois inondée. « On était sur le point de finir le chantier, j'ai l'impression que cette maison est maudite », se désole Benoît André. « Il y a cinq ans, un expert est venu au bout de deux jours, en deux semaines on était remboursé », explique son compagnon. Cette fois, les choses sont différentes : un expert est venu le 12 mars, mais le dossier n'a pas été transmis, et ils ont dû tout refaire le 28 avril.

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Bien qu'ils aient reçu une avance, elle n'a pas couvert tous les frais. Le foyer se retrouve à vivre à découvert pour retrouver un semblant de normalité. « La cuisine tient parce qu'elle veut bien tenir, le chauffage électrique ne fonctionne plus, le lambris a gonflé », décrit Benoît André. Un service de nettoyage a coupé un mètre de cloison moisi, donnant au salon un air de chantier abandonné. Les déshumidificateurs électriques soufflaient toute la journée, et « on ne les éteignait que la nuit », explique le couple.

Champignons et stress

« Pour ne pas y penser, je passe mon temps au jardin », raconte Illan Fajardo. « Parfois je vais me coucher, même si je n'avais pas sommeil », pour ne pas voir l'ampleur des dégâts : le PVC fraîchement posé à refaire, les pieds de table corrodés par la rouille. L'air vicié par l'humidité est dur pour l'esprit et pour le corps. Le Lot-et-Garonnais a passé deux mois sous traitement après avoir attrapé des champignons sur le corps et développé un psoriasis « à cause du stress ». Depuis une semaine, les démangeaisons ont disparu, mais l'angoisse persiste. Le phénomène de février a particulièrement marqué le couple et leurs animaux : poules, chats, chien et chinchilla ont vécu à l'étage pendant dix jours. Le chinchilla n'a pas survécu au remue-ménage.

Partir ou rester ?

« On prend notre mal en patience, mais il me tarde que tout soit fait parce que psychologiquement c'est dur », se lamente Illan Fajardo. Installés à Coussan « en connaissance de cause », séduits par le cadre bucolique, ils ne s'imaginaient pas essuyer deux fois des inondations historiques. Désormais, « je partirai d'ici sans regret », déclare Illan. Benoît André apprécie la plaine de la Garonne mais concède : « Pour l'instant nous sommes jeunes, mais est-ce qu'on supportera tout ça à 50 ou 70 ans ? » Le couple se donne deux ou trois ans pour finir les travaux et envisager de déménager sur la côte Rochelaise. De son côté, Steeve Royer ne pense pas quitter le quartier : Coussan reste un cadre agréable pour ses enfants, et « les loyers sont chers partout ».

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