Le ministère français de la Santé s’est dit vendredi « préoccupé » par des « décès à domicile » à travers la France, alors que la canicule, exceptionnelle par son intensité et sa durée, touche encore deux tiers du pays. « Nous sommes […] préoccupés par la survenue de décès à domicile sur l’ensemble du territoire », a rapporté le cabinet de la ministre, Stéphanie Rist, dans un message à la presse, précisant toutefois ne pas avoir « de chiffres exhaustifs sur les décès imputables directement à la chaleur ».
Un épisode caniculaire d’ampleur exceptionnelle
Après plusieurs jours de chaleur extrême, la France est encore frappée vendredi aux deux tiers par une canicule d’ampleur exceptionnelle, avec des inquiétudes de plus en plus marquées sur les conséquences en matière de santé. L’épisode est d’ores et déjà comparable par son intensité à la canicule de 2003 qui avait tué quelque 15 000 personnes en France, principalement des personnes âgées.
Les autorités sanitaires ne sont pas encore en mesure de donner des estimations en matière de mortalité pour l’épisode en cours, les effets de la chaleur pouvant se traduire après plusieurs jours, mais plusieurs responsables alertent déjà sur des décès. Le maire PS de Paris, Emmanuel Grégoire, a ainsi évoqué jeudi une « mortalité en hausse » dans la capitale, sans plus de chiffres, une tendance confirmée jeudi par le ministère de la Santé.
Hôpitaux sous tension et plan d’urgence sanitaire
À travers la France, les hôpitaux apparaissent de plus en plus sous tension, alors que le gouvernement a activé le niveau maximal d’un plan d’urgence sanitaire, dit Orsan. Mais, « probablement (que) les gens qui meurent, meurent avant d’arriver à l’hôpital », a prévenu vendredi, sur RMC/BFMTV, le chef des urgences de l’hôpital parisien Georges Pompidou (AP-HP), Philippe Juvin, évoquant par ailleurs une situation « extrêmement grave » dans son service où « le flux de patients ne baisse pas ».
Il s’est ainsi inquiété de possibles décès encore non recensés à domicile, en particulier chez les personnes âgées, et a estimé « probable » une hausse de la mortalité « pendant 2-3 jours minimum ». « Les patients âgés parce qu’ils restent chez eux, personne ne s’occupe d’eux, ils sont abandonnés, les malheureux, et puis un jour, on se dit, tiens, qu’est-ce qu’ils deviennent ? On les retrouve dans un état terrible », a poursuivi M. Juvin, prévenant « qu’on va trouver dans les jours qui viennent des gens qui sont chez eux et qui, probablement, sont en train de mourir ».



