Zaza le nandou : trois ans après l'affaire judiciaire, il vit toujours heureux à Urt
Zaza le nandou vit toujours heureux à Urt après l'affaire

L'affaire Zaza : un nandou au cœur d'une bataille pour sa liberté

En août 2022, l'Office français de la biodiversité (OFB) repère un nandou, cousin de l'autruche, vivant paisiblement depuis vingt-deux ans à Urt, dans le Pays basque. Considérant cet oiseau comme une espèce « réputée sauvage », l'OFB souhaite le transférer vers un parc zoologique à La Rochelle, arguant de la nécessité d'une autorisation spécifique et d'installations adaptées. Cette décision marque le début de « l'affaire Zaza », une saga judiciaire et médiatique qui a mobilisé les défenseurs du bien-être animal.

La mobilisation citoyenne pour sauver Zaza

Jean Sallaberry, un agriculteur à la retraite qui s'occupe du nandou depuis des années, s'oppose fermement à ce déménagement. Il lance une pétition intitulée « Sauvons le nandou » sur change.org, qui recueille rapidement 44 555 signatures. Les signataires, nombreux à être sensibles au bien-être animal, mettent en avant l'âge avancé de Zaza – 22 ans à l'époque – et son espérance de vie estimée à vingt-cinq ans. Pourquoi déplacer un animal qui n'a potentiellement plus que trois ans à vivre, alors qu'il est heureux dans son environnement actuel ?

La pétition souligne également les risques liés à la capture, au transport et à la captivité dans un espace restreint, comparé aux neuf hectares dont il dispose à Urt. L'objectif est clair : obtenir une dérogation pour que Zaza termine ses jours tranquillement dans ce coin du Pays basque.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Le dénouement judiciaire et la situation actuelle

L'affaire est portée devant le tribunal de Bayonne en septembre 2022. Au terme de la conciliation, une amende de 800 euros est demandée au propriétaire du camping où vit Zaza, avec la possibilité de l'éviter en suivant une formation pour l'accueil de l'animal. Finalement, l'OFB abandonne les poursuites, influencé par la pression de la pétition et les arguments de Jean Sallaberry.

Trois ans et demi plus tard, Zaza, bientôt 27 ans, coule toujours des jours heureux à Urt. Il a largement dépassé son espérance de vie initiale, réévaluée par son propriétaire à trente ans. Nourri de pain matin et soir, avec quelques sauterelles en complément, il évolue en liberté sur neuf hectares, accompagné de deux ânes et trois poneys. Jean Sallaberry, qui lui voue une passion indéfectible, a investi 15 000 euros pour sécuriser son enclos, assurant ainsi sa sécurité et son bien-être.

Les leçons de cette affaire

Jean Sallaberry revient sur l'issue de l'affaire avec un bon sens paysan : « Ils ont lâché l'affaire parce qu'il fallait lâcher ». Il estime que la pétition a joué un rôle crucial, avec des commentaires soutenant le maintien de Zaza sur place. Pour lui, la liberté offerte par les neuf hectares d'Urt est incomparable avec les 200 mètres carrés proposés au zoo de La Rochelle.

Zaza est devenu une star locale, attirant régulièrement les habitants du village, notamment les enfants. Son histoire soulève des questions plus larges sur la gestion des espèces sauvages en captivité et l'importance de considérer le bien-être animal dans les décisions administratives. Aujourd'hui, Zaza continue de vivre au rythme de ses habitudes, levant vers 9 heures et se couchant à 17h30, entouré de l'affection de son soigneur et de la communauté.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale