Unicef dénonce l'injustice climatique qui frappe les enfants
Les enfants sont les grands oubliés des politiques climatiques, alors qu'ils sont en première ligne. Selon le rapport de l'Unicef publié ce mardi 16 juin, 1,1 milliard d'enfants sont exposés à au moins trois types d'aléas climatiques. Le changement climatique aggrave leur vulnérabilité et compromet tous leurs droits, car il accentue la pauvreté et les inégalités.
D'ici 2050, jusqu'à 28 millions d'enfants supplémentaires pourraient souffrir de malnutrition sévère. En 2024, au moins 242 millions d'élèves dans 85 pays et territoires ont vu leur scolarité perturbée par des événements climatiques extrêmes.
Mathilde Lecluse, en charge du plaidoyer et des programmes Climat à l'Unicef France, revient pour le « Nouvel Obs » sur les dangers recensés dans ce rapport.
Pourquoi les enfants sont particulièrement vulnérables aux effets du réchauffement climatique ?
Mathilde Lecluse : Les enfants ne sont pas comme les adultes. Leur corps est en développement, leur système immunitaire est plus fragile, et ils dépendent des adultes pour leur sécurité. Les vagues de chaleur, par exemple, peuvent provoquer des coups de chaleur mortels, tandis que les inondations favorisent les maladies hydriques. De plus, les perturbations climatiques entraînent des déplacements de population, des pertes de revenus familiaux et une augmentation du travail des enfants.
Le rapport souligne une injustice intergénérationnelle : ce sont les enfants qui subiront le plus lourd tribut des décisions climatiques prises aujourd'hui. Pourtant, ils sont rarement consultés dans les politiques climatiques.
Quels sont les principaux aléas identifiés ?
L'Unicef a recensé huit aléas climatiques majeurs : vagues de chaleur, inondations, sécheresses, cyclones, incendies de forêt, glissements de terrain, élévation du niveau de la mer et pollution de l'air. Les enfants sont exposés à ces phénomènes de manière disproportionnée, en particulier en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud et dans les petits États insulaires.
Par exemple, 820 millions d'enfants sont exposés aux vagues de chaleur, et 920 millions à la pénurie d'eau. Ces chiffres sont en augmentation constante.
Quelles solutions préconise l'Unicef ?
L'organisation appelle les gouvernements à :
- Intégrer les droits de l'enfant dans toutes les politiques climatiques nationales.
- Investir dans l'adaptation : écoles climato-résilientes, systèmes d'alerte précoce, accès à l'eau potable.
- Réduire les émissions de gaz à effet de serre pour limiter le réchauffement à 1,5 °C.
- Impliquer les enfants dans les processus de décision.
Mathilde Lecluse insiste : « C'est une question de justice intergénérationnelle. Les enfants d'aujourd'hui n'ont pas choisi ce monde, mais ils en subissent les conséquences. »



