Le trafic de pangolins reprend de plus belle après la pandémie
Le pangolin d'Afrique, ce mammifère nocturne et solitaire, connaît un répit bien trop court. Alors que la pandémie de Covid-19 avait momentanément perturbé les routes du commerce mondial, le trafic illégal de cette espèce menacée reprend avec une intensité inquiétante. Bien que sa responsabilité dans la transmission du SARS-CoV-2 ait été écartée, le pangolin reste la cible de réseaux criminels internationaux.
Une saisie record à Kinshasa met en lumière les réseaux criminels
Le 26 janvier, une opération policière d'envergure a permis la saisie de plus d'une tonne d'écailles de pangolin dans une maison banale de Kinshasa, en République démocratique du Congo. Exactement 1 054 kilos d'écailles, soigneusement emballées dans 35 sacs de 30 kilos, ont été découvertes par les forces de l'ordre congolaises. Deux trafiquants, qui gardaient cette précieuse marchandise, ont été interpellés sur place.
Cette saisie spectaculaire est le résultat de plus de six mois d'enquête minutieuse menée par l'Institut congolais pour la conservation de la nature. La marchandise, d'une valeur inestimable sur le marché noir, était destinée à prendre la route vers la Chine, où la demande pour les écailles de pangolin reste particulièrement forte.
Un commerce illégal persistant malgré les interdictions internationales
Cette opération braque à nouveau les projecteurs sur des réseaux criminels qui restent étonnamment actifs, en dépit de l'embargo international décidé en 2017 par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore menacées d'extinction. Le pangolin d'Afrique fait l'objet d'un trafic intense entre le continent africain et l'Asie, principalement la Chine et le Vietnam.
Dans ces pays, la viande de pangolin est considérée comme un mets délicat, tandis que ses écailles sont particulièrement recherchées par la médecine traditionnelle. On leur prête des vertus thérapeutiques, bien que scientifiquement non prouvées, en raison de leur composition en kératine, la même protéine que celle qui constitue nos ongles et nos cheveux.
Le Nigeria, plaque tournante du trafic en Afrique de l'Ouest
Cette saisie en RDC n'est malheureusement pas un cas isolé. En avril 2025, une opération similaire au Nigeria avait permis la confiscation de 3,7 tonnes d'écailles de pangolin, confirmant le rôle central de ce pays comme plaque tournante des réseaux mafieux d'Afrique de l'Ouest. Ces chiffres astronomiques témoignent de l'ampleur du trafic et de la pression continue exercée sur cette espèce vulnérable.
Les organisations de conservation, comme l'ONG britannique Fauna and Flora, continuent leurs efforts pour protéger les pangolins. Récemment, au Mozambique, un pangolin de Temminck (« Smutsia temminckii ») a pu être remis en liberté grâce à leurs actions. Cependant, ces succès ponctuels ne doivent pas masquer l'urgence de la situation : le commerce illégal de pangolins représente une menace existentielle pour la survie de l'espèce à l'échelle mondiale.



