Un lynx sans oreille intrigue les scientifiques en Suisse, sa capture envisagée
Lynx sans oreille en Suisse : capture envisagée par les scientifiques

Un lynx sans oreille capturé sur vidéo près de Locle en Suisse

Un lynx dépourvu d'oreille, filmé à nouveau dans les environs de Locle en Suisse, a provoqué un émerveillement notable parmi les internautes. Cependant, cet animal exceptionnel intrigue également profondément la communauté scientifique, comme le rapporte France 3 Bourgogne-Franche-Comté. Selon ces informations, le Service de la faune, des forêts et de la nature (SFFN) du canton de Neuchâtel porte un intérêt particulier à cette caractéristique unique et envisage sérieusement de capturer l'animal pour approfondir les connaissances à son sujet.

Comprendre l'adaptation et l'origine de la malformation

L'objectif principal des chercheurs est de comprendre comment ce félin parvient à se nourrir efficacement malgré l'absence d'oreille. En effet, ces organes jouent un rôle essentiel dans la localisation des proies, fonctionnant comme un véritable radar naturel. Le lynx a donc dû développer des stratégies d'adaptation remarquables pour survivre dans son environnement naturel.

Une autre interrogation majeure concerne l'origine précise de cette malformation. Comme l'explique Joanne Félix, collaboratrice au SFFN, les scientifiques souhaitent déterminer si c'est quelque chose de génétique, transmissible, et donc si c'est une malformation qu'on risque de voir se propager dans la population. L'hypothèse d'une consanguinité doit également être écartée, surtout dans le contexte d'un programme national de diversification génétique du lynx à l'échelle suisse. D'autant plus que ce félin appartiendrait à une fratrie de trois individus, dont deux présentent également des oreilles atypiques ou atrophiées, ce qui renforce les préoccupations des experts.

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Une capture controversée et les précautions envisagées

Si l'autorisation de capture est accordée, les scientifiques feront appel à la fondation Kora, spécialisée dans l'étude des grands carnivores en Suisse, ainsi qu'au centre FIWI, dédié à la médecine de la faune sauvage. L'animal serait alors endormi avec précaution, ausculté minutieusement et soumis à des prélèvements sanguins pour séquencer le génome, précise Joanne Félix. Cette approche permettrait d'obtenir des données cruciales sur la santé et la génétique de l'espèce.

Cependant, ce projet suscite une opposition ferme de la part d'associations de défense des animaux, dont Project The Lynx, comme le relaie BFMTV. Cette capture comporte un risque réel de stress et de dérangement, alerte l'organisation sur les réseaux sociaux. Aucun lynx ne doit servir de cobaye, et encore moins quand on n'est pas capable de préserver la vie d'un lynx. Une photographe animalière de 70 ans, parmi les premières à avoir capturé des images de l'animal, partage ces réserves : S'ils veulent l'observer, il y a suffisamment de vidéos de lui. S'ils veulent son ADN, ils n'ont qu'à ramasser des crottes.

Le SFFN assure de son côté que toutes les précautions nécessaires seront prises pour garantir le bien-être et la sécurité de l'animal durant l'opération. Malgré ces assurances, aucune date de capture n'a été fixée à ce stade, laissant planer l'incertitude sur la suite des événements. Cette situation met en lumière les tensions entre la recherche scientifique et la protection animale, dans un contexte où la préservation de la biodiversité est plus cruciale que jamais.

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