La prédation : une question d'individu, pas d'espèce
L'élimination massive des animaux classés comme nuisibles en France ne parvient pas à diminuer les pertes économiques qui leur sont attribuées. Pour certaines espèces, cette pratique ne contribue même pas à réduire significativement leurs effectifs. Ces conclusions proviennent d'une étude scientifique du Muséum national d'Histoire naturelle (MNHN), publiée ce lundi 9 mars 2026.
Une politique de destruction à grande échelle
Tous les trois ans, le gouvernement établit une liste officielle des « espèces susceptibles d'occasionner des dégâts ». Cette liste autorise la chasse, le piégeage, la capture ou le déterrage de ces animaux, notamment pour protéger les activités agricoles. En conséquence, environ 1,7 million de renards roux, mustélidés (comme les fouines et les martres) et corvidés (pies, corbeaux et corneilles) sont tués chaque année sur le territoire français.
Des résultats scientifiques qui remettent en cause les pratiques actuelles
L'étude du MNHN, menée par des chercheurs spécialisés, démontre pour la première fois avec des données précises que cette destruction systématique est largement inefficace. Les scientifiques soulignent que la prédation est avant tout une question de comportement individuel plutôt que de caractéristiques spécifiques à une espèce entière. Ainsi, éliminer des animaux sans distinction ne résout pas les problèmes de dégâts agricoles ou de risques sanitaires.
Les associations écologistes et de nombreux experts critiquent régulièrement cette approche, arguant qu'elle nuit à la biodiversité sans apporter de bénéfices tangibles. La recherche du Muséum confirme ces critiques, indiquant que les populations de ces espèces se reconstituent rapidement après les campagnes d'abattage, rendant les efforts de contrôle vains à long terme.
Les implications pour la gestion de la faune sauvage
Cette étude ouvre la voie à une réflexion approfondie sur les méthodes alternatives de gestion des conflits entre humains et animaux sauvages. Les chercheurs suggèrent de privilégier des approches ciblées, basées sur une compréhension fine des comportements individuels des prédateurs, plutôt que des mesures généralisées et destructrices.
La publication de ces résultats intervient dans un contexte où la préservation de la biodiversité devient une priorité environnementale croissante. Elle appelle à une révision des politiques publiques en matière de régulation des espèces, en intégrant davantage les connaissances scientifiques et les enjeux écologiques.



