À Lille, des militants alertent sur les dangers de l'IA
Lille : des militants alertent sur les dangers de l'IA

Jeudi, sur la place de la République à Lille, Anna et Laurent ont installé une roue de l'infortune consacrée aux risques de l'intelligence artificielle. Fabriquée grâce à un tutoriel YouTube, elle vise à alerter les passants sur les dangers d'une IA développée trop rapidement. Les deux militants portaient des tee-shirts arborant le logo de Pause IA, l'antenne locale d'une association nationale, elle-même branche française de PauseAI Global, présente dans une quinzaine de pays.

Des profils non spécialistes mais inquiets

Anna et Laurent n'ont rien de geeks ou de nerds. Laurent, 52 ans, travaille dans une usine de caoutchouc près de Roubaix, tandis qu'Anna, plus jeune, est employée dans une entreprise d'urbanisme. Leur point commun : une vive inquiétude face à une possible destruction de l'humanité par une future « super intelligence ». Cette alerte avait été lancée dès 2023 par Maxime Furnes, fondateur de Pause IA France, et plus récemment, avec davantage d'écho, par Jacob Coxon, ancien salarié d'Anthropic.

« C'est parfois difficile d'en parler sans passer pour des complotistes », reconnaît Laurent. Lorsqu'il évoque Coxon devant les personnes interpellées, neuf fois sur dix, elles ne connaissent pas. Pour éviter de parler d'emblée de catastrophe existentielle, la roue de l'infortune liste d'autres préoccupations : « les armes autonomes, la surveillance de masse, la désinformation », énumère Laurent.

Des passants partagés entre ignorance et scepticisme

Une jeune femme s'étonne : « Ah bon, y'a des drones qui fonctionnent avec de l'IA ? » Siméon, 20 ans, tente de se rassurer : « Moi, j'utilise Claude, au moins c'est un modèle français. » Or, il s'agit en réalité d'un modèle américain. Laurent n'a pas réussi à convaincre deux étudiantes en chimie. « Pourtant, elles se servent de l'IA tous les jours dans leur domaine, mais sur les risques, elles étaient plutôt sceptiques », déplore-t-il. Anna ajoute : « Il y a une vraie méconnaissance du sujet, sans doute liée à une absence quasi totale de formation. »

Arthur, 27 ans, s'approche de la roue, curieux. « Je suis pour un encadrement a minima », dit-il, en accord avec les militants. Ce qui l'effraie le plus, c'est l'influence que l'IA pourrait avoir sur les gens. « Bientôt ils vont demander à une IA pour qui voter et le président sera élu par Google », craint-il.

Une sensibilisation difficile face à la méconnaissance

Les militants de Pause IA constatent que la sensibilisation est un défi. La méconnaissance du sujet est répandue, et les craintes sont souvent perçues comme complotistes. Malgré tout, ils poursuivent leurs actions, espérant éveiller les consciences sur les dangers d'une IA non maîtrisée.