Kenya : un trafic de fourmis géantes déjoué à l'aéroport de Nairobi
Les autorités kényanes ont mis un coup d'arrêt à un trafic d'animaux insolite et lucratif. Le 10 mars, Zhang Kequn, un ressortissant chinois, a été arrêté à l'aéroport international Jomo-Kenyatta de Nairobi alors qu'il s'apprêtait à embarquer pour la Chine. La douane a découvert dans ses bagages pas moins de 2 238 fourmis vivantes, soigneusement dissimulées dans des tubes à essai et des rouleaux de papier toilette.
Une espèce endémique très convoitée
Ces fourmis appartiennent à l'espèce Messor cephalotes, des fourmis moissonneuses endémiques d'Afrique de l'Est, réputées pour leur taille imposante. Très prisées par des collectionneurs en Asie et en Europe, elles sont souvent utilisées comme « animaux de jardin » exotiques. Bien que protégées par des conventions internationales et soumises à une réglementation stricte, ces insectes font l'objet d'un commerce illégal en pleine expansion.
Un marché noir extrêmement rentable
Le Kenya Wildlife Service s'était déjà alarmé de la hausse de la demande, qui alimente un marché noir très lucratif. Achetées à moins d'un euro l'unité au Kenya, ces fourmis peuvent être revendues à plus de 200 euros sur le marché noir international. Cette affaire rappelle un précédent : en 2025, deux adolescents belges, un Kenyan et un Vietnamien avaient été condamnés à un an de prison et 7 700 dollars d'amende pour un trafic similaire de Messor cephalotes.
Soupçons sur un réseau criminel organisé
Les autorités kényanes soupçonnent Zhang Kequn d'être à la tête d'un réseau de trafiquants de fourmis, déjà partiellement démantelé l'an dernier. Elles estiment qu'il aurait réussi à quitter le pays en 2024 à l'aide d'un faux passeport avant de tenter de nouveau son coup. Son arrestation marque une avancée significative dans la lutte contre ce trafic d'espèces protégées, qui menace la biodiversité locale tout en enrichissant des réseaux criminels internationaux.



