Garde régionale marine : veille et sensibilisation dans le golfe de Saint-Tropez
Garde régionale marine : veille et sensibilisation à Saint-Tropez

Dans le golfe de Saint-Tropez, Axel, 19 ans, et Julia, 33 ans, sillonnent les eaux tout l'été à bord de leur semi-rigide. Leur mission : recueillir des données sur la faune, la flore et les pratiques humaines, tout en sensibilisant les usagers de la mer. Ils patrouillent des abords de Sainte-Maxime jusqu'au Cap Nègre, en alternant entre le littoral des Maures et le golfe de Saint-Tropez.

Rencontre avec les pêcheurs de loisir

Chaque matin, les deux gardes commencent par rencontrer les pêcheurs de loisir, qui partent tôt. « On commence toujours par rencontrer les pêcheurs de loisir car ils s'en vont de bonne heure », note Julia en se dirigeant vers les Sardinaux. Il ne s'agit pas de contrôles, mais d'enquêtes basées sur le volontariat. Les agents posent des questions sur le nombre de sorties par an, les zones d'activité, les espèces recherchées, et vérifient si les pêcheurs connaissent les règles concernant les quotas, les tailles maximales autorisées et les espèces protégées comme le mérou et le corb.

Gérard, un pêcheur rencontré ce jour-là, témoigne : « On cherche surtout les petits pour la soupe. » Il exprime également son inquiétude sur l'évolution de la pratique : « Ça va dans le mauvais sens. En termes de quantité et de taille, tout diminue. » Le sexagénaire serait favorable à la création de zones de non-prélèvement pour « laisser les poissons se reproduire pendant quelques années ».

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Collecte de données et application des règles

Depuis cette année, les pêcheurs de loisir doivent s'enregistrer dans une application dédiée. Julia et Axel rappellent les consignes : « On vous conseille CatchMachine, c'est plus intuitif. Vous n'avez pas besoin de déclarer tout ce que vous pêchez, sauf pour la dorade rose ou coryphène et le thon rouge. » Les agents terminent toujours leurs enquêtes en sondant les pêcheurs sur leur ressenti concernant l'évolution de la pratique.

En naviguant, les gardes sont attentifs à toute activité. « On recense tout sur notre tablette, pointe Axel. Les jet-skis, les chasseurs sous-marins, les cétacés et les bouées indiquant la présence de filets de pêche professionnelle. » Ces données, traitées par la Communauté de communes, servent aux municipalités pour instaurer d'éventuelles législations. « Ce sont les communes elles-mêmes qui ont un pouvoir décisionnaire. Par exemple dans la baie de Cavalaire, les réglementations sont plus strictes au niveau du mouillage qui est totalement interdit dans la posidonie », rappelle Julia. À l'intérieur du Golfe, seuls les navires de moins de 24 mètres sont autorisés sur ces zones.

Protection de la posidonie et signalements

En fin de matinée, Axel et Julia contrôlent les espaces protégés, notamment aux Canebiers, un lieu prisé des plaisanciers pour leur escale méridienne. Grâce à l'application « Donia », qui localise les zones de posidonie, ils repèrent un yacht dont l'ancre est plantée dans l'herbier. « Ce navire s'est déclaré sur le site et dit mesurer 23 mètres », lit Julia. « S'il dit vrai il a le droit d'être ici », complète Axel.

Plus près de la côte, de petits bateaux mouillent aussi dans les végétaux. Julia les avertit : « Nous avons remarqué que vous êtes dans l'herbier de posidonie. Vu la taille de votre bateau, vous avez le droit, mais attention quand vous retirez votre ancre. Si elle arrache des algues, vous risquez une amende importante. » Elle les rassure : « Nous ne sommes pas de la police, on tient juste à vous informer. Pour localiser les zones protégées, on vous invite à installer l'application Donia ! »

Aujourd'hui, aucune infraction n'a été repérée. « Quand c'est le cas et que les personnes acceptent de partir, on ne va pas plus loin, confie Julia. Mais si on voit sur notre logiciel que ce sont des récidivistes, on lance un signalement. » Les agents ne sont pas habilités à verbaliser : « C'est le rôle de la brigade nautique de la gendarmerie. Quand les plaisanciers refusent de quitter la zone, on peut aussi faire appel au sémaphore de Camarat », qui opère pour le Centre d'appui au contrôle de l'environnement marin (Cacem).

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« On est là pour recueillir un maximum de données, souligne Julia, d'où l'importance d'être identifié comme des personnes ressources et non figures punitives. » Cette approche vise à prévenir la dégradation de la posidonie, une plante aux vertus écologiques essentielles, tout en maintenant un dialogue constructif avec les usagers de la mer.