Le pape Léon XIV, âgé de 71 ans et originaire du Var, a atterri à l'aéroport d'Orly ce vendredi 25 septembre 2026 à 10 heures, accueilli par le président Emmanuel Macron. Les cloches des églises de France ont sonné à la volée pendant sept minutes pour marquer l'événement. Cette visite de quatre jours, qui le mènera de Paris à Lourdes puis à Metz, est placée sous la devise « Pour que le monde ait la vie » et intervient dans un contexte politique et social tendu, à sept mois de l'élection présidentielle française.
Un programme parisien marathon
La première journée de Léon XIV est chargée. Après un discours à 11h45 au palais de l'Élysée devant les autorités et le corps diplomatique, il s'exprimera à 15h au siège de l'Unesco, où il devrait renouveler son appel à réguler l'intelligence artificielle. « Nous pouvons penser que la dignité de la personne humaine, la paix, l'éducation et la responsabilité face aux nouvelles technologies occuperont une place importante dans son discours », a affirmé à l'AFP Mgr Roberto Campisi, observateur permanent du Saint-Siège auprès de l'Unesco.
Le pape parcourra ensuite 2,5 km en papamobile, de l'église Notre-Dame-des-Champs dans le 6e arrondissement jusqu'à la cathédrale Notre-Dame, sous haute sécurité et avec des groupes de musique disposés tous les 50 mètres. Carmen Quintana, retraitée péruvienne de 71 ans, assistera à cette déambulation « très émue », et sa Confrérie des Porteurs du Seigneur des Miracles de Paris a appelé la communauté latino-américaine à accueillir le pape avec « drapeaux, musique et danses ».
À 17h15, Léon XIV célébrera des vêpres à Notre-Dame, devenant le premier pape à s'y rendre depuis la réouverture de la cathédrale en décembre 2024. Son prédécesseur François avait décliné l'invitation à la cérémonie organisée cinq ans après l'incendie. La journée s'achèvera au Stade de France à Saint-Denis, où une veillée de prière réunira 80 000 jeunes de 17 à 35 ans, avec un programme mêlant pop-louange, échange avec le pape et exposition de la « sainte tunique du Christ », relique conservée à Argenteuil.
Sécurité et mobilisation exceptionnelles
Cette visite en trois étapes mobilise des moyens considérables : 17 000 bénévoles, 15 000 policiers et gendarmes, 2 500 journalistes accrédités et un budget de 27 millions d'euros. « La vigilance des forces de l'Intérieur est maximale », a déclaré le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez sur TF1, ajoutant que « quelques dizaines » de personnes avaient été interdites d'accès, mais qu'il n'y avait « pas de menace identifiée ».
Le pape abordera des thèmes variés, de la crise migratoire à la paix en Europe. « J'attends (du pape) non pas qu'il nous dise comment voter, mais qu'il nous tire tous vers le haut en redisant ce qui fait une communauté nationale : la fraternité, se regarder avec espérance, ne pas avoir peur de l'autre », a déclaré jeudi sur TF1 l'évêque de Saint-Denis Étienne Guillet.
Une visite « historique » pour l'Église de France
La séquence parisienne, vendredi et samedi, devrait drainer à elle seule un million de personnes. Des préparatifs intenses ont été menés : panneaux « Bienvenue à Paris » sur les églises, chapiteau géant place de la Concorde pour la messe de samedi, répétitions pour les 2 500 chanteurs de la veillée de prière. Le cardinal Jean-Marc Aveline, chef de l'épiscopat français, a déclaré sur RCF Notre Dame que « l'unité dans l'Église et la fraternité dans le monde » sont deux objectifs importants de ce voyage.
La visite est qualifiée d'« historique » par les principaux quotidiens français. France Télévisions consacrera une journée complète d'édition spéciale, et la Grande mosquée de Paris lui dédiera son prêche de vendredi. Samedi, une messe géante sur la place de la Concorde et les Champs-Élysées réunira 600 000 fidèles attendus, dont plusieurs figures politiques, mais pas Emmanuel Macron. La visite se poursuivra ensuite à Lourdes et Metz, avec un programme qui s'annonce tout aussi dense.